Poésie

Liberté, liberté chérie ?


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Liberté de penser,
Liberté de penser autrement qu’il en est convenu,

Liberté de proposer,
Liberté de proposer autre chose qu’il en est l’habitude,

Liberté de questionner,
Liberté de questionner ce qui vient d’en haut,

Liberté de ne pas tout prendre,
Liberté de ne pas tout prendre de haut ou de bas,

Liberté de changer,
Liberté de changer ce qui ne va pas,

Liberté de parler,
Liberté de parler même de ce qui va bien,

Liberté d’aimer,
Liberté d’aimer et de le dire tout haut,

Liberté d’être fidèle,
Liberté d’être fidèle à ceux que l’on aime,

Liberté de dire la vérité,
Liberté de dire la vérité sans crainte de reproche,

Liberté d’être juste,
Liberté d’être juste et de respecter la justice,

Liberté de travailler,
Liberté de travailler en égalité, en fraternité,

Liberté de créer, d’inventer,
Liberté de créer, d’inventer chaque moment de la vie,

Liberté de ne pas écouter,
Liberté de ne pas écouter ceux qui ont peur du lendemain,

Liberté de construire,
Liberté de construire ce meilleur monde de demain,

Liberté de rire,
Liberté de rire de ce qui craint le rire,

Liberté de s’amuser,
Liberté de s’amuser de ce que l’on fait,

Liberté de savoir que l’on peut,
Liberté de savoir que l’on peut être libre.… Tout l'article

Théâtre

Oui, prince, je languis, je brûle pour Thésée ?


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Oui, prince, je languis, je brûle pour Thésée :
Je l’aime, non point tel que l’ont vu les enfers,
Volage adorateur de mille objets divers,
Qui va du dieu des morts déshonorer la couche ;
Mais fidèle, mais fier, et même un peu farouche,
Charmant, jeune, traînant tous les cœurs après soi,
Tel qu’on dépeint nos dieux, ou tel que je vous voi.… Tout l'article

Poésie

Colloque sentimental ?


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Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l’heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.… Tout l'article

Histoire

Proclamation après la bataille d’Austerlitz ?


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Soldats,

Je suis content de vous. Vous avez à la journée d’Austerlitz justifié tout ce que j’attendais de votre intrépidité. Vous avez décoré vos aigles d’une immortelle gloire. Une armée de cent mille hommes commandée par les empereurs de Russie et d’Autriche a été en moins de quatre heures ou coupée ou dispersée.… Tout l'article

Histoire

Les victimes célèbres de la Terreur ?


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Marie-Antoinette d’Autriche (16 octobre 1793)
Olympe de Gouges (3 novembre 1793)
Madame du Barry (8 décembre 1793)
Nicolas de Condorcet (29 mars 1794)
Georges Jacques Danton (5 avril 1794)
Camille Desmoulins (5 avril 1794)
Fabre d’Églantine (5 avril 1794)
Antoine Lavoisier (8 mai 1794)
André Chénier (25 juillet 1794)

27 juillet 1794 (9 Thermidor): chute de Robespierre et fin de la Terreur… Tout l'article

Société

Redéfinition de la richesse ?


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Vivre de son art ou d’un artisanat,
Faire fructifier ce que l’on vous a confié,
Regarder ses amis, ses voisins, comme soi-même,
Ne pas rester seul dans son coin,
Dépenser tout ce que l’on a pour les siens,
S’occuper de sa culture et de la culture du monde,
Voyager simplement pour découvrir la vie des autres,
Chanter, danser, profiter de tous les instruments,
Redonner ce que la nature nous a prêté généreusement,
Exister sans nuire aux gens, aux animaux, aux plantes,
Respecter la divinité de l’univers et ses mystères,
Ne pas faire semblant de tout avoir compris,
Ne pas jouer au sérieux pour voler les gens,
Ne pas limiter sa vie à un bilan,
Savoir perdre son temps, savoir perdre de l’argent,
Ne jamais se dire pauvre même si l’on est en manque,
Se sentir riche de ce qu’on entend, qu’on voit et que l’on sent,
Etre riche de pensées, d’émotions, de langages,
Etre riche de son histoire,
Etre riche de son lendemain,
Etre riche du temps qui passe et nous emporte,
Etre riche de la mémoire et de l’amour que l’on laisse,
Se libérer de la tyrannie et de la soumission,
Avoir confiance en ceux qui ont toujours confiance,
Choisir d’être riche et jamais ne se sentir pauvre.… Tout l'article

Littérature

La madeleine de Proust ?


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Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé.… Tout l'article

Erotisme, Poésie

Mon très cher petit Lou ?


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Mon très cher petit Lou je t’aime
Ma chère petite étoile palpitante je t’aime
Corps délicieusement élastique je t’aime
Vulve qui serre comme un casse-noisette je t’aime
Sein gauche si rose et si insolent je t’aime
Sein droit si tendrement rosé je t’aime
Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t’aime
Mamelon gauche semblable à une bosse du front d’un petit veau qui vient de naître je t’aime
Nymphes hypertrophiées par tes attouchements fréquents je vous aime
Fesses exquisement agiles qui se rejettent bien en arrière je vous aime
Nombril semblable à une lune creuse et sombre je t’aime
Toison claire comme une forêt en hiver je t’aime
Aisselles duvetées comme un cygne naissant je vous aime
Chute des épaules adorablement pure je t’aime
Cuisse au galbe aussi esthétique qu’une colonne de temple antique je t’aime
Oreilles ourlées comme de petits bijoux mexicains je vous aime
Chevelure trempée dans le sang des amours je t’aime
Pieds savants pieds qui se raidissent je vous aime
Reins chevaucheurs reins puissants je vous aime
Taille qui n’a jamais connu le corset taille souple je t’aime
Dos merveilleusement fait et qui s’est courbé pour moi je t’aime
Bouche ô mes délices ô mon nectar je t’aime
Regard unique regard-étoile je t’aime
Mains dont j’adore les mouvements je vous aime
Nez singulièrement aristocratique je t’aime
Démarche onduleuse et dansante je t’aime
Ô petit Lou je t’aime je t’aime je t’aime

— Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou Tout l'article

Romans

Vous pouvez m’imposer silence, mais non m’empêcher de penser ?


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Madame Delmare, en entendant les imprécations de son mari, se sentit plus forte qu’elle ne s’y attendait. Elle aimait mieux ce courroux qui la réconciliait avec elle-même, qu’une générosité qui eût excité ses remords. Elle essuya la dernière trace de ses larmes, et rassembla un reste de force qu’elle ne s’inquiétait pas d’épuiser en un jour, tant la vie lui pesait.… Tout l'article

Poésie

La Ballade des pendus, en français moderne ?


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Frères humains qui après nous vivez,
N’ayez pas vos cœurs durcis à notre égard,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous merci.
Vous nous voyez attachés ici, cinq, six :
Quant à notre chair, que nous avons trop nourrie,
Elle est depuis longtemps dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poussière.… Tout l'article