Alphonse Mucha est un homme du monde. Né en 1860 au sein de l’empire d’Autriche dans une petite ville de l’actuelle République tchèque, il prend son envol à Paris comme affichiste attitré de Sarah Bernhardt et participe à la cristallisation de l’Art nouveau, ce mouvement soudain de modernité post-industrielle, empreint de la douceur des lignes courbes de la femme et de la nature. Le succès est au rendez-vous, médaille d’argent à l’Exposition universelle de 1900 et Légion d’honneur, mais cela ne suffit pas. L’Art nouveau s’essoufle, Mucha traverse l’Atlantique, ce qui lui permet de financer au bout du compte une idée d’envergure, qu’il réalisera de retour dans sa Bohême natale et qu’il considérera comme étant son chef d’œuvre: L’Épopée slave, un ensemble monumental de 20 tableaux reprenant les moments importants de l’histoire des Slaves, dont la libération du joug autrichien semble préluder dans l’entre-deux-guerres à la construction d’une Europe nouvelle. La Seconde Guerre mondiale mettra fin à ses espoirs: dès 1939, Mucha meurt à Prague, désormais sous un nouveau joug, celui des Allemands.

(AG)

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