Poésie

L’invitation au voyage


  • A A A
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    Mon enfant, ma soeur,
    Songe Ă  la douceur
    D’aller lĂ -bas vivre ensemble !
    Aimer Ă  loisir,
    Aimer et mourir
    Au pays qui te ressemble !
    Les soleils mouillés
    De ces ciels brouillés
    Pour mon esprit ont les charmes
    Si mystérieux
    De tes traîtres yeux,
    Brillant Ă  travers leurs larmes.

    LĂ , tout n’est qu’ordre et beautĂ©,
    Luxe, calme et volupté.

    Des meubles luisants,
    Polis par les ans,
    Décoreraient notre chambre ;
    Les plus rares fleurs
    MĂŞlant leurs odeurs
    Aux vagues senteurs de l’ambre,
    Les riches plafonds,
    Les miroirs profonds,
    La splendeur orientale,
    Tout y parlerait
    Ă€ l’âme en secret
    Sa douce langue natale.

    LĂ , tout n’est qu’ordre et beautĂ©,
    Luxe, calme et volupté.

    Vois sur ces canaux
    Dormir ces vaisseaux
    Dont l’humeur est vagabonde ;
    C’est pour assouvir
    Ton moindre désir
    Qu’ils viennent du bout du monde.
    - Les soleils couchants
    RevĂŞtent les champs,
    Les canaux, la ville entière,
    D’hyacinthe et d’or ;
    Le monde s’endort
    Dans une chaude lumière.

    LĂ , tout n’est qu’ordre et beautĂ©,
    Luxe, calme et volupté.

    Charles Baudelaire (Les Fleurs du mal)


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    Poésie, Régions

    Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage…


  • A A A
  • Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
    Ou comme cestuy lĂ  qui conquit la toison,
    Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
    Vivre entre ses parents le reste de son âge !

    Quand revoiray-je, hélas, de mon petit village
    Fumer la cheminée, et en quelle saison,
    Revoiray-je le clos de ma pauvre maison,
    Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ?

    Plus me plaist le séjour qu’ont basty mes ayeux,
    Que des palais Romains le front audacieux,
    Plus que le marbre dur me plaist l’ardoise fine,

    Plus mon Loyre Gaulois, que le Tybre Latin,
    Plus mon petit Lyré, que le mont Palatin,
    Et plus que l’air marin la doulceur Angevine.

    (Joachim du Bellay, Les Regrets, XXXI)


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    Poésie, Voyage en France

    Le Port de Baudelaire ?


  • A A A
  • Un port est un sĂ©jour charmant pour une âme fatiguĂ©e des luttes de la vie. L’ampleur du ciel, l’architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre Ă  amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes Ă©lancĂ©es des navires, au grĂ©ement compliquĂ©, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent Ă  entretenir dans l’âme le goĂ»t du rythme et de la beautĂ©. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystĂ©rieux et aristocratique pour celui qui n’a plus ni curiositĂ© ni ambition, Ă  contempler, couchĂ© dans le belvĂ©dère ou accoudĂ© sur le mĂ´le, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le dĂ©sir de voyager ou de s’enrichir.

    Charles Baudelaire, Petits Poèmes en prose


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    Travaille. Un grand exemple est un puissant tĂ©moin… La cathĂ©drale de Beauvais inachevĂ©e ? ChloĂ© dans l’Ecume des jours ? Le Festival de Cannes ? Ă€ la recherche du temps perdu ? Bretagne, 4 ou 5 dĂ©partements ? Emblème de Cahors ? La morale de la Belle au bois dormant ? Les chiffres clĂ©s de l’Education Nationale ? Les calanques de Marseille, Ă  pied, en voiture ou en bateau ? Le Misanthrope, Molière, acte V, scène 4 ? DĂ©claration des droits de l’Homme et du citoyen ? Saint-Émilion, ville blanche ? Ballade des dames du temps jadis ? La Religieuse de Diderot au cinĂ©ma ?