Litterature

Ă€ la recherche du temps perdu ?


  • A A A
  • Roman de Marcel Proust, publiĂ© entre 1913 et 1927.
    Sept tomes :
    Du côté de chez Swann
    Ă€ l’ombre des jeunes filles en fleurs
    Le Côté de Guermantes
    Sodome et Gomorrhe I et II
    La Prisonnière
    Albertine disparue
    Le Temps retrouvé
    Principaux personnages: Le narrateur, Albertine, Françoise, Charles Swann, Odette Swann, Gilberte Swann, le baron de Charlus, Oriane de Guermantes, Robert de Saint-Loup, Madame Verdurin.


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    Romans

    Un amour de Swann ?


  • A A A
  • Mais, tandis que chacune de ces liaisons, ou chacun de ces flirts, avait Ă©tĂ© la rĂ©alisation plus ou moins complète d’un rĂŞve nĂ© de la vue d’un visage ou d’un corps que Swann avait, spontanĂ©ment, sans s’y efforcer, trouvĂ©s charmants, en revanche, quand un jour au théâtre il fut prĂ©sentĂ© Ă  Odette de CrĂ©cy par un de ses amis d’autrefois, qui lui avait parlĂ© d’elle comme d’une femme ravissante avec qui il pourrait peut-ĂŞtre arriver Ă  quelque chose, mais en la lui donnant pour plus difficile qu’elle n’était en rĂ©alitĂ© afin de paraĂ®tre lui-mĂŞme avoir fait quelque chose de plus aimable en la lui faisant connaĂ®tre, elle Ă©tait apparue Ă  Swann non pas certes sans beautĂ©, mais d’un genre de beautĂ© qui lui Ă©tait indiffĂ©rent, qui ne lui inspirait aucun dĂ©sir, lui causait mĂŞme une sorte de rĂ©pulsion physique, de ces femmes comme tout le monde a les siennes, diffĂ©rentes pour chacun, et qui sont l’opposĂ© du type que nos sens rĂ©clament. Pour lui plaire elle avait un profil trop accusĂ©, la peau trop fragile, les pommettes trop saillantes, les traits trop tirĂ©s. Ses yeux Ă©taient beaux, mais si grands qu’ils flĂ©chissaient sous leur propre masse, fatiguaient le reste de son visage et lui donnaient toujours l’air d’avoir mauvaise mine ou d’être de mauvaise humeur. Quelque temps après cette prĂ©sentation au théâtre, elle lui avait Ă©crit pour lui demander Ă  voir ses collections qui l’intĂ©ressaient tant, « elle, ignorante qui avait le goĂ»t des jolies choses », disant qu’il lui semblait qu’elle le connaĂ®trait mieux, quand elle l’aurait vu dans « son home » oĂą elle l’imaginait « si confortable avec son thĂ© et ses livres », quoiqu’elle ne lui eĂ»t pas cachĂ© sa surprise qu’il habitât ce quartier qui devait ĂŞtre si triste et « qui Ă©tait si peu smart pour lui qui l’était tant ». Et après qu’il l’eut laissĂ©e venir, en le quittant, elle lui avait dit son regret d’être restĂ©e si peu dans cette demeure oĂą elle avait Ă©tĂ© heureuse de pĂ©nĂ©trer, parlant de lui comme s’il avait Ă©tĂ© pour elle quelque chose de plus que les autres ĂŞtres qu’elle connaissait, et semblant Ă©tablir entre leurs deux personnes une sorte de trait d’union romanesque qui l’avait fait sourire.

    (extrait d’Un amour de Swann, deuxième partie du roman Du cĂ´tĂ© de chez Swann, le premier tome d’À la recherche du temps perdu, de Marcel Proust)


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    Litterature

    A la recherche du temps perdu, la première phrase


  • A A A
  • Longtemps, je me suis couchĂ© de bonne heure. Parfois, Ă  peine ma bougie Ă©teinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. » Et, une demi-heure après, la pensĂ©e qu’il Ă©tait temps de chercher le sommeil m’éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière ; je n’avais pas cessĂ© en dormant de faire des rĂ©flexions sur ce que je venais de lire, mais ces rĂ©flexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j’étais moi-mĂŞme ce dont parlait l’ouvrage : une Ă©glise, un quatuor, la rivalitĂ© de François Ier et de Charles-Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes Ă  mon rĂ©veil ; elle ne choquait pas ma raison, mais pesait comme des Ă©cailles sur mes yeux et les empĂŞchait de se rendre compte que le bougeoir n’était pas allumĂ©. Puis elle commençait Ă  me devenir inintelligible, comme après la mĂ©tempsycose les pensĂ©es d’une existence antĂ©rieure ; le sujet du livre se dĂ©tachait de moi, j’étais libre de m’y appliquer ou non ; aussitĂ´t je recouvrais la vue et j’étais bien Ă©tonnĂ© de trouver autour de moi une obscuritĂ©, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-ĂŞtre plus encore pour mon esprit, Ă  qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incomprĂ©hensible, comme une chose vraiment obscure. Je me demandais quelle heure il pouvait ĂŞtre ; j’entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins Ă©loignĂ©, comme le chant d’un oiseau dans une forĂŞt, relevant les distances, me dĂ©crivait l’étendue de la campagne dĂ©serte oĂą le voyageur se hâte vers la station prochaine ; et le petit chemin qu’il suit va ĂŞtre gravĂ© dans son souvenir par l’excitation qu’il doit Ă  des lieux nouveaux, Ă  des actes inaccoutumĂ©s, Ă  la causerie rĂ©cente et aux adieux sous la lampe Ă©trangère qui le suivent encore dans le silence de la nuit, Ă  la douceur prochaine du retour.

    Marcel Proust,  A la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann.


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    Travaille. Un grand exemple est un puissant tĂ©moin… La cathĂ©drale de Beauvais inachevĂ©e ? ChloĂ© dans l’Ecume des jours ? Le Festival de Cannes ? Ă€ la recherche du temps perdu ? Bretagne, 4 ou 5 dĂ©partements ? Emblème de Cahors ? La morale de la Belle au bois dormant ? Les chiffres clĂ©s de l’Education Nationale ? Les calanques de Marseille, Ă  pied, en voiture ou en bateau ? Le Misanthrope, Molière, acte V, scène 4 ? DĂ©claration des droits de l’Homme et du citoyen ? Saint-Émilion, ville blanche ? Ballade des dames du temps jadis ? La Religieuse de Diderot au cinĂ©ma ?