Cocorico ! Romans



Litterature, Romans

Quel pouvoir indéfinissable que celui de la ressemblance !

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Rodenbach_Bruges-la-Morte
  • A A A
  • Hugues songeait : quel pouvoir indĂ©finissable que celui de la ressemblance !

    Elle correspond aux deux besoins contradictoires de la nature humaine : l’habitude et la nouveautĂ©. L’habitude qui est la loi, le rythme mĂȘme de l’ĂȘtre. Hugues l’avait expĂ©rimentĂ© avec une acuitĂ© qui dĂ©cida de sa destinĂ©e sans remĂšde. Pour avoir vĂ©cu dix ans auprĂšs d’une femme toujours chĂšre, il ne pouvait plus se dĂ©saccoutumer d’elle, continuait Ă  s’occuper de l’absente et Ă  chercher sa figure sur d’autres visages.

    D’autre part, le goĂ»t de la nouveautĂ© est non moins instinctif. L’homme se lasse Ă  possĂ©der le mĂȘme bien. On ne jouit du bonheur, comme de la santĂ©, que par contraste. Et l’amour aussi est dans l’intermittence de lui-mĂȘme.

    Or la ressemblance est prĂ©cisĂ©ment ce qui les concilie en nous, leur fait part Ă©gale, les joint en un point imprĂ©cis. La ressemblance est la ligne d’horizon de l’habitude et de la nouveautĂ©.

    En amour principalement, cette sorte de raffinement opùre : charme d’une femme nouvelle arrivant qui ressemblerait à l’ancienne !

    Hugues en jouissait avec un grandissant dĂ©lice, lui que la solitude et la douleur avaient dĂšs longtemps sensibilisĂ© jusqu’à ces nuances d’ñme. N’est-ce pas d’ailleurs par un sentiment innĂ© des analogies dĂ©sirables qu’il Ă©tait venu vivre Ă  Bruges dĂšs son veuvage ?

    Il avait ce qu’on pourrait appeler « le sens de la ressemblance », un sens supplĂ©mentaire, frĂȘle et souffreteux, qui rattachait par mille liens tĂ©nus les choses entre elles, apparentait les arbres par des fils de la Vierge, crĂ©ait une tĂ©lĂ©graphie immatĂ©rielle entre son Ăąme et les tours inconsolables.

    C’est pour cela qu’il avait choisi Bruges, Bruges d’oĂč la mer s’était retirĂ©e, comme un grand bonheur aussi.

    Ç’avait Ă©tĂ© dĂ©jĂ  un phĂ©nomĂšne de ressemblance, et parce que sa pensĂ©e serait Ă  l’unisson avec la plus grande des Villes Grises.

    MĂ©lancolie de ce gris des rues de Bruges oĂč tous les jours ont l’air de la Toussaint ! Ce gris comme fait avec le blanc des coiffes de religieuses et le noir des soutanes de prĂȘtres, d’un passage incessant ici et contagieux. MystĂšre de ce gris, d’un demi-deuil Ă©ternel !

    Car partout les façades, au long des rues, se nuancent Ă  l’infini : les unes sont d’un badigeon vert pĂąle ou de briques fanĂ©es rejointoyĂ©es de blanc ; mais, tout Ă  cĂŽtĂ©, d’autres sont noires, fusains sĂ©vĂšres, eaux-fortes brĂ»lĂ©es dont les encres y remĂ©dient, compensent les tons voisins un peu clairs ; et, de l’ensemble, c’est quand mĂȘme du gris qui Ă©mane, flotte, se propage au fil des murs alignĂ©s comme des quais.

    Le chant des cloches aussi s’imaginerait plutĂŽt noir ; or, ouatĂ©, fondu dans l’espace, il arrive en une rumeur Ă©galement grise qui traĂźne, ricoche, ondule sur l’eau des canaux.

    Et cette eau elle-mĂȘme, malgrĂ© tant de reflets : coins de ciel bleu, tuiles des toits, neige des cygnes voguant, verdure des peupliers du bord, s’unifie en chemins de silence incolores.

    Il y a lĂ , par un miracle du climat, une pĂ©nĂ©tration rĂ©ciproque, on ne sait quelle chimie de l’atmosphĂšre qui neutralise les couleurs trop vives, les ramĂšne Ă  une unitĂ© de songe, Ă  un amalgame de somnolence plutĂŽt grise.

    C’est comme si la brume frĂ©quente, la

    Rodenbach – Bruges-la-Morte, Flammarion, page 0081.png

    lumiĂšre voilĂ©e des ciels du Nord, le granit des quais, les pluies incessantes, le passage des cloches eussent influencĂ©, par leur alliage, la couleur de l’air — et aussi, en cette ville ĂągĂ©e, la cendre morte du temps, la poussiĂšre du sablier des AnnĂ©es accumulant, sur tout, son Ɠuvre silencieuse.

    VoilĂ  pourquoi Hugues avait voulu se retirer lĂ , pour sentir ses derniĂšres Ă©nergies imperceptiblement et sĂ»rement s’ensabler, s’enliser sous cette petite poussiĂšre d’éternitĂ© qui lui ferait aussi une Ăąme grise, de la couleur de la ville !

    Aujourd’hui ce sens de la ressemblance, par une diversion brusque et quasi miraculeuse, avait agi encore, mais d’une façon inverse. Comment, et par quelle manigance de la destinĂ©e, dans cette Bruges si lointaine de ses premiers souvenirs, avait surgi brusquement ce visage qui devait les ressusciter tous ?

    Quoi qu’il en fĂ»t du singulier hasard, Hugues s’abandonna dĂ©sormais Ă  l’enivrement de cette ressemblance de Jane avec la morte, comme jadis il s’exaltait Ă  la ressemblance de lui-mĂȘme avec la ville.

    – Georges Rodenbach, Bruges-la-Morte, chapitre VI


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    Les personnages des Misérables de Victor Hugo ?


  • A A A
  • Les MisĂ©rables dĂ©crit la vie de misĂ©rables dans Paris et la France provinciale du 19e siĂšcle et du bagnard au grand coeur Jean Valjean. Les autres personnages:
    Fantine, ouvriÚre, séduite et obligée de confier son enfant, Cosette, aux Thénardier.
    La famille ThĂ©nardier, un couple d’odieux aubergistes qui exploite Cosette.
    Gavroche, fils des Thénardier, gamin de Paris, vit dans la rue sans le sou mais néanmoins joyeux.
    Marius, Ă©tudiant, se rallie au socialisme, amoureux de Cosette.
    Javert, policier intransigeant pourchassant Jean Valjean.

    On est laid Ă  Nanterre,
    C’est la faute Ă  Voltaire,
    Et bĂȘte Ă  Palaiseau,
    C’est la faute Ă  Rousseau.

    Je ne suis pas notaire,
    C’est la faute Ă  Voltaire,
    Je suis petit oiseau,
    C’est la faute Ă  Rousseau.

    Joie est mon caractĂšre,
    C’est la faute Ă  Voltaire,
    MisĂšre est mon trousseau,
    C’est la faute Ă  Rousseau.

    Je suis tombé par terre,
    C’est la faute Ă  Voltaire,
    Le nez dans le ruisseau,
    C’est la faute Ă … [Rousseau]

    Chanson de Gavroche
    (Tome V. Jean Valjean – Livre Premier : La Guerre entre quatre murs – Chapitre 15. Gavroche dehors)


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    Un amour de Swann ?


  • A A A
  • Mais, tandis que chacune de ces liaisons, ou chacun de ces flirts, avait Ă©tĂ© la rĂ©alisation plus ou moins complĂšte d’un rĂȘve nĂ© de la vue d’un visage ou d’un corps que Swann avait, spontanĂ©ment, sans s’y efforcer, trouvĂ©s charmants, en revanche, quand un jour au thĂ©Ăątre il fut prĂ©sentĂ© Ă  Odette de CrĂ©cy par un de ses amis d’autrefois, qui lui avait parlĂ© d’elle comme d’une femme ravissante avec qui il pourrait peut-ĂȘtre arriver Ă  quelque chose, mais en la lui donnant pour plus difficile qu’elle n’était en rĂ©alitĂ© afin de paraĂźtre lui-mĂȘme avoir fait quelque chose de plus aimable en la lui faisant connaĂźtre, elle Ă©tait apparue Ă  Swann non pas certes sans beautĂ©, mais d’un genre de beautĂ© qui lui Ă©tait indiffĂ©rent, qui ne lui inspirait aucun dĂ©sir, lui causait mĂȘme une sorte de rĂ©pulsion physique, de ces femmes comme tout le monde a les siennes, diffĂ©rentes pour chacun, et qui sont l’opposĂ© du type que nos sens rĂ©clament. Pour lui plaire elle avait un profil trop accusĂ©, la peau trop fragile, les pommettes trop saillantes, les traits trop tirĂ©s. Ses yeux Ă©taient beaux, mais si grands qu’ils flĂ©chissaient sous leur propre masse, fatiguaient le reste de son visage et lui donnaient toujours l’air d’avoir mauvaise mine ou d’ĂȘtre de mauvaise humeur. Quelque temps aprĂšs cette prĂ©sentation au thĂ©Ăątre, elle lui avait Ă©crit pour lui demander Ă  voir ses collections qui l’intĂ©ressaient tant, « elle, ignorante qui avait le goĂ»t des jolies choses », disant qu’il lui semblait qu’elle le connaĂźtrait mieux, quand elle l’aurait vu dans « son home » oĂč elle l’imaginait « si confortable avec son thĂ© et ses livres », quoiqu’elle ne lui eĂ»t pas cachĂ© sa surprise qu’il habitĂąt ce quartier qui devait ĂȘtre si triste et « qui Ă©tait si peu smart pour lui qui l’était tant ». Et aprĂšs qu’il l’eut laissĂ©e venir, en le quittant, elle lui avait dit son regret d’ĂȘtre restĂ©e si peu dans cette demeure oĂč elle avait Ă©tĂ© heureuse de pĂ©nĂ©trer, parlant de lui comme s’il avait Ă©tĂ© pour elle quelque chose de plus que les autres ĂȘtres qu’elle connaissait, et semblant Ă©tablir entre leurs deux personnes une sorte de trait d’union romanesque qui l’avait fait sourire.

    (extrait d’Un amour de Swann, deuxiĂšme partie du roman Du cĂŽtĂ© de chez Swann, le premier tome d’À la recherche du temps perdu, de Marcel Proust)


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    Romans

    Madame Bovary, la premiĂšre phrase ?

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  • Nous Ă©tions Ă  l’étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillĂ© en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre.

    Gustave Flaubert, Madame Bovary.


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    Citations célÚbres, Romans

    La menteuse et criminelle illusion du bonheur ?

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  • Laissez-moi fuir la menteuse et criminelle illusion du bonheur ! Donnez-moi du travail, de la fatigue, de la douleur et de l’enthousiasme.

    George Sand, La Comtesse de Rudolstadt.


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    Citations célÚbres, Romans

    Je l’avais bien senti, bien des fois, l’amour en rĂ©serve…

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  • Je l’avais bien senti, bien des fois, l’amour en rĂ©serve. Y’en a Ă©normĂ©ment. On peut pas dire le contraire. Seulement c’est malheureux qu’ils demeurent si vaches avec tant d’amour en rĂ©serve, les gens. Ca ne sort pas, voilĂ  tout. C’est pris en dedans, ça reste en dedans, ça leur sert Ă  rien. Ils en crĂšvent en dedans, d’amour.

    Louis-Ferdinand CĂ©line, Voyage au bout de la nuit.


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    Citations célÚbres, Romans

    Les existences faibles vivent dans les douleurs…

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  • Les existences faibles vivent dans les douleurs, au lieu de les changer en apophtegmes d’expĂ©rience, elles s’en saturent, et s’usent en rĂ©trogradant chaque jour dans les malheurs consommĂ©s.

    Honoré de Balzac, César Birotteau


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    Litterature, Romans

    L’Abbaye de ThĂ©lĂšme

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  • A A A
  • Toute leur vie estoit employĂ©e non par loix, statuz ou reigles, mais selon leur vouloir et franc arbitre. Se levoient du lict quand bon leur sembloit, beuvoient, mangeoient, travailloient, dormoient quand le desir leur venoit ; nul ne les esveilloit, nul ne les parforceoit ny Ă  boyre, ny Ă  manger, ny Ă  faire chose aultre quelconques. Ainsi l’avoit estably Gargantua. En leur reigle n’estoit que ceste clause :

    FAY CE QUE VOULDRAS,

    parce que gens liberes, bien nez, bien instruictz, conversans en compaignies honnestes, ont par nature un instinct et aguillon, qui tousjours les poulse à faictz vertueux et retire de vice, lequel ilz nommoient honneur. Iceulx, quand par vile subjection et contraincte sont deprimez et asserviz detournent la noble affection, par laquelle à vertuz franchement tendoient, à deposer et enfraindre ce joug de servitude ; car nous entreprenons tousjours choses defendues et convoitons ce que nous est denié.

    Rabelais, Gargantua, chapitre LVII

    Localisation
    François Rabelais est né à La DeviniÚre, prÚs de Chinon (ancienne province de Touraine).


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    Romans

    Voyage au bout de la nuit, la premiĂšre phrase ?

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  • A A A
  • Ça a dĂ©butĂ© comme ça. Moi, j’avais jamais rien dit. Rien. C’est Arthur Ganate qui m’a fait parler. Arthur, un Ă©tudiant, un carabin lui aussi, un camarade.


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    Le Rouge et le Noir: la premiĂšre phrase

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  • A A A
  • La petite ville de VerriĂšres peut passer pour l’une des plus jolies de la Franche-ComtĂ©. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges, s’Ă©tendent sur la pente d’une colline, dont des touffes de vigoureux chĂątaigniers marquent les moindres sinuositĂ©s. Le Doubs coule Ă  quelques centaines de pieds au-dessous de ses fortifications bĂąties jadis par les Espagnols, et maintenant ruinĂ©es.VerriĂšres est abritĂ©e du cĂŽtĂ© du nord par une haute montagne, c’est une des branches du Jura. Les cimes brisĂ©es du Verra, se couvrent de neige dĂšs les premiers froids d’octobre. Un torrent, qui se prĂ©cipite de la montagne, traverse VerriĂšres avant de se jeter dans le Doubs, et donne le mouvement Ă  un grand nombre de scies Ă  bois, c’est une industrie fort simple et qui procure un certain bien-ĂȘtre Ă  la majeure partie des habitants plus paysans que bourgeois. Ce ne sont pas cependant les scies Ă  bois qui ont enrichi cette petite ville. C’est Ă  la fabrique des toiles peintes, dites de Mulhouse, que l’on doit l’aisance gĂ©nĂ©rale qui, depuis la chute de NapolĂ©on, a fait rebĂątir les façades de presque toutes les maisons de VerriĂšres. Article complet


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