Cocorico ! Poésie



Poésie, Régions

Milly ou la terre natale ?

Citations, culture, promotions: , , ,

Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie?
Dans son brillant exil mon coeur en a frémi;
Il résonne de loin dans mon âme attendrie,
Comme les pas connus ou la voix d’un ami.

Montagnes que voilait le brouillard de l’automne,
Vallons que tapissait le givre du matin,
Saules dont l’émondeur effeuillait la couronne,
Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain,

Murs noircis par les ans, coteaux, sentier rapide,
Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour
Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide,
Et, leur urne à la main, s’entretenaient du jour,

Chaumière où du foyer étincelait la flamme,
Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s’attache à notre âme et la force d’aime ?

(…)

(Alphonse de Lamartine, Milly ou la terre natale)


Un hôtel pas cher Bourgogne ? meilleur prix garanti

Sur la toile:


Poésie

Je suis enragé. J’aime

Citations, culture, promotions: ,

Je suis enragé. J’aime et je suis un vieux fou.
– Grand-père ? – Quoi ? – je veux m’en aller. – Aller où ?
– Où je voudrai. – C’est bien. – Je veux sortir, grand-père.
– Sortons. – Grand-père ? – Quoi ? – Pleuvra-t-il ? – Non, j’espère.
Je veux qu’il pleuve, moi. – Pourquoi ? – Pour faire un peu
Pousser mon haricot dans mon jardin. – C’est Dieu
Qui fait la pluie. – Eh bien, je veux que Dieu la fasse.
– Tu veux ! tu veux ! – Grand-père ? – Eh bien quoi ? – Si je casse
Mon joujou, le bon Dieu ne peut pas m’empêcher.
C’est donc moi le plus fort. – Parlons sans nous fâcher.
– Je ne me fâche pas. je veux qu’il pleuve. – Ecoute.
Je te donne raison. – Il va pleuvoir ? – Sans doute.
Viens, prenons l’arrosoir du jardinier jacquot,
Et nous ferons pleuvoir. – Où ? – Sur ton haricot.

(Victor Hugo)




Sur la toile:


Poésie, Sélection

La Jeune Tarentine

Citations, culture, promotions: , ,

Pleurez, doux alcyons ! ô vous, oiseaux sacrés,
Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez !

Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine !
Un vaisseau la portait aux bords de Camarine :
Là, l’hymen, les chansons, les flûtes, lentement
Devaient la reconduire au seuil de son amant.
Une clef vigilante a, pour cette journée,
Dans le cèdre enfermé sa robe d’hyménée,
Et l’or dont au festin ses bras seraient parés,
Et pour ses blonds cheveux les parfums préparés.
Mais, seule sur la proue, invoquant les étoiles,
Le vent impétueux qui soufflait dans les voiles
L’enveloppe ; étonnée et loin des matelots,
Elle crie, elle tombe, elle est au sein des flots.
Elle est au sein des flots, la jeune Tarentine !
Son beau corps a roulé sous la vague marine.
Thétis, les yeux en pleurs, dans le creux d’un rocher,
Aux monstres dévorants eut soin de le cacher.
Par ses ordres bientôt les belles Néréides
L’élèvent au-dessus des demeures humides,
Le portent au rivage, et dans ce monument
L’ont au cap du Zéphyr déposé mollement ;
Puis de loin, à grands cris appelant leurs compagnes,
Et les nymphes des bois, des sources, des montagnes,
Toutes, frappant leur sein et traînant un long deuil,
Répétèrent, hélas ! autour de son cercueil :
« Hélas ! chez ton amant tu n’es point ramenée ;
Tu n’as point revêtu ta robe d’hyménée ;
L’or autour de tes bras n’a point serré de nœuds;
Les doux parfums n’ont point coulé sur tes cheveux. »

(André Chénier, Bucoliques. Idylles et fragments d’idylles)
(Photo: La Jeune Tarentine de Pierre-Alexandre Schoenewerk, au musée d’Orsay)




Sur la toile:


Poésie, Régions

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage…

Citations, culture, promotions: , , ,

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand revoiray-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison,
Revoiray-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ?

Plus me plaist le séjour qu’ont basty mes ayeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaist l’ardoise fine,

Plus mon Loyre Gaulois, que le Tybre Latin,
Plus mon petit Lyré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la doulceur Angevine.

(Joachim du Bellay, Les Regrets, XXXI)


Un hôtel pas cher Pays de la Loire ? meilleur prix garanti

Sur la toile:


Poésie

Les Djinns, de Victor Hugo

Citations, culture, promotions: , ,

Murs, ville
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise,
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C’est l’haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu’une flamme
Toujours suit !

La voix plus haute
Semble un grelot.
D’un nain qui saute
C’est le galop.
Il fuit, s’élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d’un flot.

La rumeur approche.
L’écho la redit.
C’est comme la cloche
D’un couvent maudit ;
Comme un bruit de foule,
Qui tonne et qui roule,
Et tantôt s’écroule,
Et tantôt grandit,

Dieu ! la voix sépulcrale
Des Djinns !… Quel bruit ils font !
Fuyons sous la spirale
De l’escalier profond.
Déjà, s’éteint ma lampe,
Et l’ombre de la rampe,
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu’au plafond.

C’est l’essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant !
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau, lourd et rapide,
Volant dans l’espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près ! — Tenons fermée
Cette salle, où nous les narguons.
Quel bruit dehors ! Hideuse armée
De vampires et de dragons !
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu’une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée
Tremble, à déraciner ses gonds !

Cris de l’enfer! voix qui hurle et qui pleure !
L’horrible essaim, poussé par l’aquilon,
Sans doute, ô ciel ! s’abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle, penchée,
Et l’on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu’il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon.

Prophète ! si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J’irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs !
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d’étincelles,
Et qu’en vain l’ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs !

Ils sont passés ! — Leur cohorte
S’envole, et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L’air est plein d’un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !

De leurs ailes lointaines
Le battement décroît,
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l’on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d’une voix grêle,
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d’un vieux toit.

D’étranges syllabes
Nous viennent encor ;
Ainsi, des Arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s’élève
Et l’enfant qui rêve
Fait des rêves d’or.

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leurs pas ;
Leur essaim gronde ;
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu’on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s’endort,
C’est la vague
Sur le bord ;
C’est la plainte,
Presque éteinte,
D’une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit…
J’écoute : —
Tout fuit,
Tout passe ;
L’espace
Efface
Le bruit.




Sur la toile:


Poésie, Sexualité

Un poème érotique de La Fontaine ?

Citations, culture, promotions: , , , ,

Aimons, foutons, ce sont des plaisirs
Qu’il ne faut pas que l’on sépare;
La jouissance et les désirs
Sont ce que l’âme a de plus rare.

D’un vit, d’un con et de deux cœurs
Naît un accord plein de douceurs
Que les dévots blâment sans cause.
Amaryllis, pensez-y bien :
Aimer sans foutre est peu de chose,
Foutre sans aimer, ce n’est rien.




Sur la toile:


Françaises, Poésie

Adieu, plaisant pays de France ?

Citations, culture, promotions:

Adieu, plaisant pays de France,
O ma patrie
La plus chérie,
Qui a nourri ma jeune enfance.
Adieu ! France ! adieu, mes beaux jours !
La nef qui déjoint nos amours
N’a cy de moi que la moitié ;
Une part te reste, elle est tienne ;
Je la fie à ton amitié
Pour que de l’autre il te souvienne.

Chanson de Marie Stuart, Reine d’Ecosse, en partant de Calais pour Londres.




Sur la toile:


Poésie

Le poème le plus célèbre écrit en langue française

Citations, culture, promotions: , ,

Chanson d’automne

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine (Poèmes saturniens)




Sur la toile:


Histoire, Poésie

Après la bataille

Citations, culture, promotions: , ,

Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.
C’était un Espagnol de l’armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.
Et qui disait:  » A boire! à boire par pitié !  »
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit: « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé.  »
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant: « Caramba!  »
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
 » Donne-lui tout de même à boire « , dit mon père.

Victor Hugo (La légende des siècles)

Retrouvez le commentaire de ce poème et le coeur de la culture française dans le livre A Coeur… Par Coeur




Sur la toile:


Poésie

A une Dame créole, texte original ?

Citations, culture, promotions: , , ,

Au pays parfumé que le soleil caresse,
J’ai vu dans un retrait de tamarins ambrés
Et de palmiers d’où pleut sur les yeux la paresse
Une dame créole aux charmes ignorés.

Son teint est pâle et chaud: la brune enchanteresse
A dans le cou des airs noblement maniérés;
Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords de la Seine ou de la vaste Loire,
Belle digne d’orner les antiques manoirs,

Vous feriez, à l’abri des mousseuses retraites
Germer mille sonnets dans le coeur des poètes
Que vos regards rendraient plus soumis que vos Noirs.

(Charles Baudelaire)




Sur la toile:





Poésie ? YouTube
Poésie ? Wikipedia
Poésie ? études
Poésie ? citations
Poésie ? commentaires
Poésie ? expositions
Poésie ? francophonie
Poésie ? guides
Poésie ? histoire
Poésie ? livres
Poésie ? monuments
Poésie ? musées
Poésie ? photos
Poésie ? spectacles
Poésie ? videos