Cocorico ! Poésie



Poésie

La Mort du loup

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  • A A A

  • Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes,
    Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes !
    Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
    C’est vous qui le savez, sublimes animaux !

    À voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse,
    Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
    — Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur,
    Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au cœur.
    Il disait : « Si tu peux, fais que ton âme arrive,
    À force de rester studieuse et pensive,
    Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté
    Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté.

    Gémir, pleurer prier est également lâche.
    Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
    Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,
    Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »

    (Alfred de Vigny, né le 27 mars 1797 à Loches, Indre-et-Loire, mort le 17 septembre 1863 à Paris)


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    Le Dormeur du val ?

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  • A A A
  • C’est un trou de verdure où chante une rivière,
    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
    Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

    Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
    Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
    Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
    Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

    Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
    Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
    Nature, berce-le chaudement : il a froid.

    Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
    Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
    Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

    Arthur Rimbaud.

    Un des premiers poèmes de Rimbaud, écrit en octobre 1870 (il a presque 16 ans), pendant sa fugue du domicile parental de Charleville, en pleine guerre franco-prussienne.


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    Je vis, je meurs… La Belle Cordière ?

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  • A A A
  • Née à Lyon en 1524, la poétesse de la Renaissance Louise Labé fut surnommée « La Belle Cordière ». Son père, Pierre Charly, apprenti cordier, avait épousé en premières noces la veuve d’un cordier prospère, Jacques Humbert dit Labé ou L’Abbé.

    Le sonnet le plus célèbre de Louise Labé:

    Je vis, je meurs : je me brule et me noye.
    J’ay chaut estreme en endurant froidure :
    La vie m’est et trop molle et trop dure.
    J’ay grans ennuis entremeslez de joye :

    Tout à un coup je ris et je larmoye,
    Et en plaisir maint grief tourment j’endure :
    Mon bien s’en va, et à jamais il dure :
    Tout en un coup je seiche et je verdoye.

    Ainsi Amour inconstamment me meine :
    Et quand je pense avoir plus de douleur,
    Sans y penser je me treuve hors de peine.

    Puis quand je croy ma joye estre certeine,
    Et estre au haut de mon desiré heur,
    Il me remet en mon premier malheur.


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    Poésie

    Ballade des menus propos, François Villon

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  • A A A
  • Je congnois bien mouches en laict,
    Je congnois à la robe l’homme,
    Je congnois le beau temps du laid,
    Je congnois au pommier la pomme,
    Je congnois l’arbre à veoir la gomme,
    Je congnois quand tout est de mesme,
    Je congnois qui besongne ou chomme,
    Je congnois tout, fors que moy-mesme.

    Je congnois pourpoinct au collet,
    Je congnois le moyne à la gonne,
    Je congnois le maistre au valet,
    Je congnois au voyle la nonne,
    Je congnois quand piqueur jargonne,
    Je congnois folz nourriz de cresme,
    Je congnois le vin à la tonne,
    Je congnois tout, fors que moy-mesme.

    Je congnois cheval du mulet,
    Je congnois leur charge et leur somme,
    Je congnois Bietrix et Bellet,
    Je congnois gect qui nombre et somme,
    Je congnois vision en somme,
    Je congnois la faulte des Boesmes,
    Je congnois filz, varlet et homme :
    Je congnois tout, fors que moy-mesme.

    ENVOI

    Prince, je congnois tout en somme,
    Je congnois coulorez et blesmes,
    Je congnois mort qui nout consomme,
    Je congnois tout, fors que moy-mesme.


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    Poésie

    L’invitation au voyage

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  • A A A
  •  

    Mon enfant, ma soeur,
    Songe à la douceur
    D’aller là-bas vivre ensemble !
    Aimer à loisir,
    Aimer et mourir
    Au pays qui te ressemble !
    Les soleils mouillés
    De ces ciels brouillés
    Pour mon esprit ont les charmes
    Si mystérieux
    De tes traîtres yeux,
    Brillant à travers leurs larmes.

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Des meubles luisants,
    Polis par les ans,
    Décoreraient notre chambre ;
    Les plus rares fleurs
    Mêlant leurs odeurs
    Aux vagues senteurs de l’ambre,
    Les riches plafonds,
    Les miroirs profonds,
    La splendeur orientale,
    Tout y parlerait
    À l’âme en secret
    Sa douce langue natale.

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Vois sur ces canaux
    Dormir ces vaisseaux
    Dont l’humeur est vagabonde ;
    C’est pour assouvir
    Ton moindre désir
    Qu’ils viennent du bout du monde.
    - Les soleils couchants
    Revêtent les champs,
    Les canaux, la ville entière,
    D’hyacinthe et d’or ;
    Le monde s’endort
    Dans une chaude lumière.

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Charles Baudelaire (Les Fleurs du mal)


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    Poésie

    Le Hareng saur ?

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  • A A A
  • Il était un grand mur blanc – nu, nu, nu,
    Contre le mur une échelle – haute, haute, haute,
    Et, par terre, un hareng saur – sec, sec, sec.

    Il vient, tenant dans ses mains – sales, sales, sales,
    Un marteau lourd, un grand clou – pointu, pointu, pointu,
    Un peloton de ficelle – gros, gros, gros.

    Alors il monte à l’échelle – haute, haute, haute,
    Et plante le clou pointu – toc, toc, toc,
    Tout en haut du grand mur nu – nu, nu, nu.

    Il laisse aller le marteau – qui tombe, qui tombe, qui tombe,
    Attache au clou la ficelle – longue, longue, longue,
    Et, au bout, le hareng saur – sec, sec, sec.

    Il redescend de l’échelle – haute, haute, haute,
    L’emporte avec le marteau – lourd, lourd, lourd,
    Et puis, il s’en va ailleurs – loin, loin, loin.

    Et, depuis, le hareng saur – sec, sec, sec,
    Au bout de cette ficelle – longue, longue, longue,
    Très lentement se balance – toujours, toujours, toujours.

    J’ai composé cette histoire – simple, simple, simple,
    Pour mettre en fureur les gens – graves, graves, graves,
    Et amuser les enfants – petits, petits, petits.

    Charles Cros


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    Poésie

    Sous le pont Mirabeau coule la seine ?

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  • A A A
  • Le Pont Mirabeau, dit ici par Apollinaire lui-même.

    Sous le pont Mirabeau coule la Seine
    Et nos amours
    Faut-il qu’il m’en souvienne
    La joie venait toujours après la peine.

    Vienne la nuit sonne l’heure
    Les jours s’en vont je demeure

    Les mains dans les mains restons face à face
    Tandis que sous
    Le pont de nos bras passe
    Des éternels regards l’onde si lasse

    Vienne la nuit sonne l’heure
    Les jours s’en vont je demeure

    L’amour s’en va comme cette eau courante
    L’amour s’en va
    Comme la vie est lente
    Et comme l’Espérance est violente

    Vienne la nuit sonne l’heure
    Les jours s’en vont je demeure

    Passent les jours et passent les semaines
    Ni temps passé
    Ni les amours reviennent
    Sous le pont Mirabeau coule la Seine

    Vienne la nuit sonne l’heure
    Les jours s’en vont je demeure

    (Guillaume Apollinaire, Alcools)


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    Poésie, Régions

    Milly ou la terre natale ?

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  • A A A
  • Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie?
    Dans son brillant exil mon coeur en a frémi;
    Il résonne de loin dans mon âme attendrie,
    Comme les pas connus ou la voix d’un ami.

    Montagnes que voilait le brouillard de l’automne,
    Vallons que tapissait le givre du matin,
    Saules dont l’émondeur effeuillait la couronne,
    Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain,

    Murs noircis par les ans, coteaux, sentier rapide,
    Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour
    Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide,
    Et, leur urne à la main, s’entretenaient du jour,

    Chaumière où du foyer étincelait la flamme,
    Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
    Objets inanimés, avez-vous donc une âme
    Qui s’attache à notre âme et la force d’aime ?

    (…)

    (Alphonse de Lamartine, Milly ou la terre natale)


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    Poésie

    Je suis enragé. J’aime

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  • A A A
  • Je suis enragé. J’aime et je suis un vieux fou.
    - Grand-père ? – Quoi ? – je veux m’en aller. – Aller où ?
    - Où je voudrai. – C’est bien. – Je veux sortir, grand-père.
    - Sortons. – Grand-père ? – Quoi ? – Pleuvra-t-il ? – Non, j’espère.
    Je veux qu’il pleuve, moi. – Pourquoi ? – Pour faire un peu
    Pousser mon haricot dans mon jardin. – C’est Dieu
    Qui fait la pluie. – Eh bien, je veux que Dieu la fasse.
    - Tu veux ! tu veux ! – Grand-père ? – Eh bien quoi ? – Si je casse
    Mon joujou, le bon Dieu ne peut pas m’empêcher.
    C’est donc moi le plus fort. – Parlons sans nous fâcher.
    - Je ne me fâche pas. je veux qu’il pleuve. – Ecoute.
    Je te donne raison. – Il va pleuvoir ? – Sans doute.
    Viens, prenons l’arrosoir du jardinier jacquot,
    Et nous ferons pleuvoir. – Où ? – Sur ton haricot.

    (Victor Hugo)


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    Poésie, Sélection

    La Jeune Tarentine

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  • A A A
  • Pleurez, doux alcyons ! ô vous, oiseaux sacrés,
    Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez !

    Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine !
    Un vaisseau la portait aux bords de Camarine :
    Là, l’hymen, les chansons, les flûtes, lentement
    Devaient la reconduire au seuil de son amant.
    Une clef vigilante a, pour cette journée,
    Dans le cèdre enfermé sa robe d’hyménée,
    Et l’or dont au festin ses bras seraient parés,
    Et pour ses blonds cheveux les parfums préparés.
    Mais, seule sur la proue, invoquant les étoiles,
    Le vent impétueux qui soufflait dans les voiles
    L’enveloppe ; étonnée et loin des matelots,
    Elle crie, elle tombe, elle est au sein des flots.
    Elle est au sein des flots, la jeune Tarentine !
    Son beau corps a roulé sous la vague marine.
    Thétis, les yeux en pleurs, dans le creux d’un rocher,
    Aux monstres dévorants eut soin de le cacher.
    Par ses ordres bientôt les belles Néréides
    L’élèvent au-dessus des demeures humides,
    Le portent au rivage, et dans ce monument
    L’ont au cap du Zéphyr déposé mollement ;
    Puis de loin, à grands cris appelant leurs compagnes,
    Et les nymphes des bois, des sources, des montagnes,
    Toutes, frappant leur sein et traînant un long deuil,
    Répétèrent, hélas ! autour de son cercueil :
    « Hélas ! chez ton amant tu n’es point ramenée ;
    Tu n’as point revêtu ta robe d’hyménée ;
    L’or autour de tes bras n’a point serré de nœuds;
    Les doux parfums n’ont point coulé sur tes cheveux. »

    (André Chénier, Bucoliques. Idylles et fragments d’idylles)
    (Photo: La Jeune Tarentine de Pierre-Alexandre Schoenewerk, au musée d’Orsay)


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