Cocorico ! Poésie



Poésie

Une soirée perdue ?

Citations, culture, promotions: , , ,

  • A A A
  • J’étais seul, l’autre soir, au Théâtre Français,
    Ou presque seul ; l’auteur n’avait pas grand succès.
    Ce n’était que Molière, et nous savons de reste
    Que ce grand maladroit, qui fit un jour Alceste,
    Ignora le bel art de chatouiller l’esprit
    Et de servir à point un dénoûment bien cuit.
    Grâce à Dieu, nos auteurs ont changé de méthode,
    Et nous aimons bien mieux quelque drame à la mode
    Où l’intrigue, enlacée et roulée en feston,
    Tourne comme un rébus autour d’un mirliton.

    (Alfred de Musset)


    Un hôtel pas cher Paris ? hôtels recommandés, au meilleur prix garanti


    Sur la toile:


    Poésie

    Rondeau de printemps ?

    Citations, culture, promotions:

  • A A A
  • Le temps a laissé son manteau
    De vent, de froidure et de pluie,
    Et s’est vêtu de broderie,
    De soleil luisant, clair et beau.

    Il n’y a bête ni oiseau
    Qu’en son jargon ne chante ou crie:
    Le temps a laissé son manteau
    De vent, de froidure et de pluie.

    Rivière, fontaine et ruisseau
    Portent en livrée jolie
    Gouttes d’argent, d’orfèvrerie;
    Chacun s’habille de nouveau:
    Le temps a laissé son manteau.

    Charles d’Orléans


    Abc Hotel France - idées et promotions

    Sur la toile:


    Poésie

    N’importe où hors du monde ?

    Citations, culture, promotions: ,

  • A A A
  • Anywhere Out of the World (Thomas Hood, The Bridge of Sighs).

    Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poêle, et celui-là croit qu’il guérirait à côté de la fenêtre.

    Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme.

    « Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d’habiter Lisbonne ? Il doit y faire chaud, et tu t’y ragaillardirais comme un lézard. Cette ville est au bord de l’eau ; on dit qu’elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu’il arrache tous les arbres. Voilà un paysage selon ton goût ; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir ! »

    Mon âme ne répond pas.

    « Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante ? Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l’image dans les musées. Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons ? »

    Mon âme reste muette.

    « Batavia te sourirait peut-être davantage ? Nous y trouverions d’ailleurs l’esprit de l’Europe marié à la beauté tropicale. »

    Pas un mot. — Mon âme serait-elle morte ?

    « En es-tu donc venue à ce point d’engourdissement que tu ne te plaises que dans ton mal ? S’il en est ainsi, fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort. — Je tiens notre affaire, pauvre âme ! Nous ferons nos malles pour Tornéo. Allons plus loin encore, à l’extrême bout de la Baltique ; encore plus loin de la vie, si c’est possible ; installons-nous au pôle. Là le soleil ne frise qu’obliquement la terre, et les lentes alternatives de la lumière et de la nuit suppriment la variété et augmentent la monotonie, cette moitié du néant. Là, nous pourrons prendre de longs bains de ténèbres, cependant que, pour nous divertir, les aurores boréales nous enverront de temps en temps leurs gerbes roses, comme des reflets d’un feu d’artifice de l’Enfer ! »

    Enfin, mon âme fait explosion, et sagement elle me crie : « N’importe où ! n’importe où ! pourvu que ce soit hors de ce monde ! »

    Charles Baudelaire, Petits Poèmes en prose.


    Abc Hotel France - idées et promotions

    Sur la toile:


    Françaises, Poésie

    Stances à la Marquise ?

    Citations, culture, promotions: ,

  • A A A
  • MARQUISE, si mon visage
    A quelques traits un peu vieux,
    Souvenez-vous qu’à mon âge
    Vous ne vaudrez guère mieux.

    Le temps aux plus belles choses
    Se plaît à faire un affront,
    Et saura faner vos roses
    Comme il a ridé mon front.

    Le même cours des planètes
    Règle nos jours et nos nuits,
    On m’a vu ce que vous êtes;
    Vous serez ce que je suis.

    Cependant j’ai quelques charmes
    Qui sont assez éclatants
    Pour n’avoir pas trop d’alarmes
    De ces ravages du temps.

    Vous en avez qu’on adore,
    Mais ceux que vous méprisez
    Pourraient bien durer encore
    Quand ceux-là seront usés.

    Ils pourront sauver la gloire
    Des yeux qui me semblent doux,
    Et dans mille ans faire croire
    Ce qu’il me plaira de vous.

    Chez cette race nouvelle
    Où j’aurai quelque crédit,
    Vous ne passerez pour belle
    Qu’autant que je l’aurai dit.

    Pensez-y, belle Marquise:
    Quoiqu’un grison fasse effroi,
    Il vaut bien qu’on le courtise.
    Quand il est fait comme moi.

    Pierre Corneille.

    (la comédienne Thérèse Du Parc, surnommée Marquise, était célèbre pour sa beauté et son talent de tragédienne)


    Abc Hotel France - idées et promotions

    Sur la toile:


    Poésie

    Fantaisie, Gérard de Nerval ?

    Citations, culture, promotions: ,

  • A A A
  • Il est un air pour qui je donnerais
    Tout Rossini, tout Mozart, tout Weber ;
    Un air très-vieux, languissant et funèbre,
    Qui pour moi seul a des charmes secrets.

    Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
    De deux cents ans mon âme rajeunit :
    C’est sous Louis treize.. et je crois voir s’étendre
    Un coteau vert que le couchant jaunit,

    Puis un château de brique à coins de pierre,
    Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,

    Ceint de grands parcs, avec une rivière
    Baignant ses pieds, qui coule entre les fleurs.

    Puis une dame à sa haute fenêtre,
    Blonde, aux yeux noirs, en ses habits anciens…
    Que, dans une autre existence, peut-être,
    J’ai déjà vue ! — et dont je me souviens !

    (Gérard de Nerval)


    Abc Hotel France - idées et promotions

    Sur la toile:


    Poésie

    Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui ?

    Citations, culture, promotions:

  • A A A
  • Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
    Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
    Ce lac dur oublié que hante sous le givre
    Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui !

    Un cygne d’autrefois se souvient que c’est lui
    Magnifique mais qui sans espoir se délivre
    Pour n’avoir pas chanté la région où vivre
    Quand du stérile hiver a resplendi l’ennui.

    Tout son col secouera cette blanche agonie
    Par l’espace infligée à l’oiseau qui le nie,
    Mais non l’horreur du sol où le plumage est pris.

    Fantôme qu’à ce lieu son pur éclat assigne,
    Il s’immobilise au songe froid de mépris
    Que vêt parmi l’exil inutile le Cygne.

    (Stéphane Mallarmé)

    (Iconographie: Mallarmé peint par Manet en 1876)


    Abc Hotel France - idées et promotions

    Sur la toile:


    Poésie

    Oceano nox ?

    Citations, culture, promotions: , ,

  • A A A
  • Oh ! combien de marins, combien de capitaines
    Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
    Dans ce morne horizon se sont évanouis !
    Combien ont disparu, dure et triste fortune !
    Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
    Sous l’aveugle océan à jamais enfouis !

    Combien de patrons morts avec leurs équipages !
    L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages
    Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots !
    Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée.
    Chaque vague en passant d’un butin s’est chargée ;
    L’une a saisi l’esquif, l’autre les matelots !

    Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
    Vous roulez à travers les sombres étendues,
    Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus.
    Oh ! que de vieux parents, qui n’avaient plus qu’un rêve,
    Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
    Ceux qui ne sont pas revenus !

    On s’entretient de vous parfois dans les veillées.
    Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées,
    Mêle encor quelque temps vos noms d’ombre couverts
    Aux rires, aux refrains, aux récits d’aventures,
    Aux baisers qu’on dérobe à vos belles futures,
    Tandis que vous dormez dans les goémons verts !

    On demande : — Où sont-ils ? sont-ils rois dans quelque île ?
    Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile ? -
    Puis votre souvenir même est enseveli.
    Le corps se perd dans l’eau, le nom dans la mémoire.
    Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
    Sur le sombre océan jette le sombre oubli.

    Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
    L’un n’a-t-il pas sa barque et l’autre sa charrue ?
    Seules, durant ces nuits où l’orage est vainqueur,
    Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
    Parlent encor de vous en remuant la cendre
    De leur foyer et de leur coeur !

    Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,
    Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
    Dans l’étroit cimetière où l’écho nous répond,
    Pas même un saule vert qui s’effeuille à l’automne,
    Pas même la chanson naïve et monotone
    Que chante un mendiant à l’angle d’un vieux pont !

    Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
    Ô flots, que vous savez de lugubres histoires !
    Flots profonds redoutés des mères à genoux !
    Vous vous les racontez en montant les marées,
    Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées
    Que vous avez le soir quand vous venez vers nous!

    Victor Hugo, Les Rayons et les ombres.


    Abc Hotel France - idées et promotions

    Sur la toile:


    Poésie

    Il neigeait, il neigeait toujours !

    Citations, culture, promotions: , , , ,

  • A A A
  • Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
    Pour la première fois l’aigle baissait la tête.
    Sombres jours ! l’empereur revenait lentement,
    Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.

    Il neigeait. L’âpre hiver fondait en avalanche.
    Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
    On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
    Hier la grande armée, et maintenant troupeau.
    On ne distinguait plus les ailes ni le centre.
    Il neigeait. Les blessés s’abritaient dans le ventre
    Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés
    On voyait des clairons à leur poste gelés,
    Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,
    Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre.
    Boulets, mitraille, obus, mêlés aux flocons blancs,
    Pleuvaient ; les grenadiers, surpris d’être tremblants,
    Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise.
    Il neigeait, il neigeait toujours !
    (…)

    Victor Hugo, L’expiation


    Abc Hotel France - idées et promotions

    Sur la toile:


    Poésie

    Le Lac, de Lamartine ?


  • A A A
  • Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
    Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
    Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
    Jeter l’ancre un seul jour ?

    Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
    Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
    Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
    Où tu la vis s’asseoir !

    Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
    Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
    Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
    Sur ses pieds adorés.

    Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;
    On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
    Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
    Tes flots harmonieux.

    Tout à coup des accents inconnus à la terre
    Du rivage charmé frappèrent les échos ;
    Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
    Laissa tomber ces mots :

    ” Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours :
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    Des plus beaux de nos jours !

    ” Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
    Coulez, coulez pour eux ;
    Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
    Oubliez les heureux.

    ” Mais je demande en vain quelques moments encore,
    Le temps m’échappe et fuit ;
    Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
    Va dissiper la nuit.

    ” Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
    Hâtons-nous, jouissons !
    L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
    Il coule, et nous passons ! ”

    Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
    Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
    S’envolent loin de nous de la même vitesse
    Que les jours de malheur ?

    Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
    Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
    Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
    Ne nous les rendra plus !

    Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
    Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
    Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
    Que vous nous ravissez ?

    Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
    Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
    Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
    Au moins le souvenir !

    Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,
    Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,
    Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
    Qui pendent sur tes eaux.

    Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
    Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
    Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
    De ses molles clartés.

    Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
    Que les parfums légers de ton air embaumé,
    Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,
    Tout dise : Ils ont aimé !

    Alphonse de Lamartine.


    Un hôtel pas cher Aix-les-Bains ? hôtels recommandés, au meilleur prix garanti


    Sur la toile:


    Poésie

    Le Zèbre

    Citations, culture, promotions: ,

  • A A A
  • Le zèbre, cheval des ténèbres,
    Lève le pied, ferme les yeux
    Et fait résonner ses vertèbres
    En hennissant d’un air joyeux.

    Au clair soleil de Barbarie
    Il sort alors de l’écurie
    Et va brouter dans la prairie
    Les herbes de sorcellerie.

    Mais la prison, sur son pelage,
    A laissé l’ombre du grillage.

    Robert Desnos, Chantefables (1944-1945).


    Abc Hotel France - idées et promotions

    Sur la toile:





    Poésie ? YouTube
    Poésie ? Wikipedia
    Poésie ? études
    Poésie ? citations
    Poésie ? commentaires
    Poésie ? expositions
    Poésie ? francophonie
    Poésie ? guides
    Poésie ? histoire
    Poésie ? livres
    Poésie ? monuments
    Poésie ? musées
    Poésie ? photos
    Poésie ? spectacles
    Poésie ? videos
    Femme_piquée_par_un_serpent_Clessinger Elvgren_vote Rodenbach_Bruges-la-Morte Felix-Feneon_Revue-Blanche Bonaparte-sur-le-pont-d-Arcole France_liberte_expression