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Citations célÚbres, Litterature

Le discours de la servitude volontaire en 3 citations ?


  • A A A
    • Pour que les hommes, tant qu’ils sont des hommes, se laissent assujettir, il faut de deux choses l’une: ou qu’ils y soient contraints, ou qu’ils soient trompĂ©s.
    • La premiĂšre raison de la servitude volontaire, c’est l’habitude.
    • Soyez rĂ©solus Ă  ne plus servir, et vous voilĂ  libres.

    Étienne de La BoĂ©tie (1549), Discours de la servitude volontaire, morceaux choisis.


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    Litterature

    Les prix Goncourt les plus célÚbres ?


  • A A A
  • AndrĂ© Malraux (La Condition humaine)
    Elsa Triolet, premiÚre femme à recevoir le Goncourt (Le premier accroc coûte 200 francs)
    Émile Ajar (Romain Gary) (La Vie devant soi)
    Erik Orsenna (L’Exposition coloniale)
    Henri Troyat (L’Araigne)
    Julien Gracq (Le Rivage des Syrtes)
    Marcel Proust (À l’ombre des jeunes filles en fleurs)
    Marguerite Duras (L’Amant)
    Maurice Druon (Les Grandes Familles)
    Maurice Genevoix (Raboliot)
    Michel Houellebecq (La Carte et le Territoire)
    Michel Tournier (Le Roi des aulnes)
    Patrick Modiano (Rue des Boutiques obscures)
    Patrick Rambaud (La Bataille)
    Robert Merle (Week-end Ă  Zuydcoote)
    Romain Gary (Les Racines du ciel)
    Simone de Beauvoir (Les Mandarins)
    Yann Queffélec (Les Noces barbares)


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    Litterature, SĂ©lection

    Les 15 premiers Français lauréats du prix Nobel de littérature ?


  • A A A
  • 1901: Sully Prudhomme
    1904: Frédéric Mistral
    1915: Romain Rolland
    1921: Anatole France
    1927: Henri Bergson
    1937: Roger Martin du Gard
    1947: André Gide
    1952: François Mauriac
    1957: Albert Camus
    1960: Saint-John Perse
    1964: Jean-Paul Sartre (prix décliné)
    1985: Claude Simon
    2000: Gao Xingjian
    2008: Jean-Marie Gustave Le Clézio
    2014: Patrick Modiano


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    Litterature, Nouvelle, SĂ©lection

    Un dilemme, Joris-Karl Huysmans, chapitre VI ?

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  • A A A
  • Huit jours aprĂšs le retour de MaĂźtre Le Ponsart Ă  Beauchamp, M. Lambois se promenait dans son salon, en consultant d’un air inquiet la pendule.

    Enfin ! dit-il, entendant un coup de sonnette, et il se prĂ©cipita dans le vestibule oĂč, plus placide que jamais, le notaire accrochait son paletot Ă  une tĂȘte de cerf.

    — Ah ça, voyons, qu’est-ce qu’il y a ? dit-il, en suivant M. Lambois dans le salon oĂč une table de whist Ă©tait prĂȘte.

    — Il y a que j’ai reçu une lettre de Paris, relative à cette fille !

    — Ce n’est que cela, fit MaĂźtre Le Ponsart dont la bouche se plissa, dĂ©daigneuse ; je croyais qu’il s’agissait de faits plus graves.

    Cette assurance allégea visiblement M. Lambois.

    — Lisons cette lettre avant que ces messieurs n’arrivent, reprit le notaire, en regardant de cĂŽtĂ© les quatre chaises symĂ©triquement rangĂ©es devant la table.

    Il chaussa ses lunettes, s’assit prĂšs d’un flambeau de jeu et il tenta de dĂ©chiffrer un griffonnage Ă©crit avec une encre aquatique, trĂšs claire, sur un papier trĂšs glacĂ©, qui buvait par places.

    Monsieur,

    « J’ose prendre la libertĂ© d’écrire Ă  votre bon cƓur, en vous suppliant de vouloir bien prendre part Ă  ma situation. Depuis que Monsieur Ponsart est venu et a emportĂ© les meubles, Sophie qui n’avait plus un endroit pour reposer sa tĂȘte a Ă©tĂ© recueillie chez moi, comme l’enfant de la maison ; et elle en Ă©tait digne, Monsieur, par son bon cƓur, bien que Monsieur Ponsart ne lui ait pas rendu la justice qu’elle croyait, mais tout le monde ne peut pas ĂȘtre louis d’or et plaire Ă  tout le monde…

    — Quel style ! s’exclama le notaire. Mais sautons cet inutile verbiage et arrivons au fait ! Ah ! nous y voilà !

    « Sophie a eu une fausse couche bien malheureuse ; elle Ă©tait dans l’arriĂšre-boutique oĂč que je prĂ©pare mes petites affaires pour que la boutique oĂč l’on entre soit toujours propre, quand elle Ă©tĂ© prise de douleurs ; Madame Dauriatte…

    — Qui est-ce, Madame Dauriatte ? demanda M. Lambois.

    Le notaire fit signe qu’il ignorait jusqu’au nom de cette dame et poursuivit :

    « Madame Dauriatte n’a pas cru d’abord qu’il y allait avoir une fausse couche ; elle pensait que le coup d’avoir Ă©tĂ© chassĂ©e par Monsieur Ponsart lui avait tournĂ© les sangs et elle est allĂ©e chez l’herboriste chercher du sureau pour l’échauder et faire respirer Ă  Sophie la fumĂ©e, qui enlĂ©verait l’eau qu’elle devait avoir dans la tĂȘte. Mais les douleurs Ă©taient dans le ventre et elle souffrait tant qu’elle criait Ă  Ă©trangler ; alors, j’ai Ă©tĂ© prise de peur et j’ai couru Ă  la rue des Canettes chez une sage-femme que j’ai ramenĂ©e et qui a dit que c’était une fausse couche. Elle a demandĂ© si elle avait tombĂ© ou si elle avait bu de l’absinthe ou de l’armoise ; je lui ai dit que non, mais qu’elle avait eu une grosse peine…

    — Au fait ! passons ce fatras, dit M. Lambois impatientĂ© ; nous n’en sortirons pas avant l’arrivĂ©e des amis et il est inutile de les mettre au courant de cette sotte affaire.

    MaĂźtre Le Ponsart sauta toute une page et reprit :

    — « Elle est morte, comme cela, et l’enfant ne vaut pas mieux ; alors comme j’avais mis ma croix de cou et mes boucles d’oreilles en gage, j’ai payĂ© la pharmacie et la sage-femme, mais je n’ai plus d’argent et Madame Dauriatte non plus, car elle n’en a jamais.

    « Aussi, je vous supplie Ă  deux genoux, mon bon Monsieur, de ne pas m’abandonner, je vous prie qu’elle ne soit pas dans la fosse commune comme un pauvre chien. Monsieur Jules qui l’aimait tant pleurerait Ă  la savoir si malheureuse ; je vous prie, envoyez-moi l’argent pour l’enterrer.

    « En comptant sur votre gĂ©nĂ©rositĂ©… Bon et et caetera, dit le notaire — et c’est signĂ© : Veuve Champagne. »

    M. Lambois et MaĂźtre Le Ponsart se regardĂšrent ; puis, sans dire mot, le notaire haussa les Ă©paules, s’approcha de la cheminĂ©e, activa les flammes, plaça la lettre de Madame Champagne au bout des pincettes et, tranquillement, la regarda brĂ»ler.

    — ClassĂ©e, comme n’étant susceptible d’aucune suite, dit-il, en se redressant et en remettant les pincettes en place.

    — C’est trois sous de timbre qu’elle a bien inutilement dĂ©pensĂ©s, remarqua M. Lambois que la placiditĂ© de son beau-pĂšre achevait de rassurer.

    — Enfin, reprit MaĂźtre Le Ponsart, cette mort clĂŽt le dĂ©bat. Et d’un ton indulgent, il ajouta :

    — En bonne conscience, nous ne pouvons plus lui en vouloir Ă  la pauvre fille, malgrĂ© tout le tintouin qu’elle nous a donnĂ©.

    — Non, certes, aucun de nous ne voudrait la mort du pĂȘcheur. Et, aprĂšs un temps de silence, M. Lambois insinua : Cependant il faut avouer que notre bienveillance, pour son souvenir, est peut-ĂȘtre entachĂ©e d’égoĂŻsme, car enfin, si nous n’avons plus rien Ă  craindre de cette fille, qui sait si, au cas oĂč elle eĂ»t vĂ©cu, elle n’aurait pas de nouveau jetĂ© le grappin sur un fils de famille ou semĂ© la zizanie dans un mĂ©nage.

    — Oh ! Ă  coup sĂ»r, rĂ©pondit MaĂźtre Le Ponsart la mort de cette femme n’est pas bien regrettable ; mais, vous savez, pour le malheur des honnĂȘtes gens, aprĂšs celle-lĂ , une autre ; une de perdue…

    — Dix de retrouvĂ©es, ajouta M. Lambois, et il complĂ©ta cette oraison funĂšbre, par un hochement attristĂ© de la tĂȘte.


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    Litterature, Nouvelle, SĂ©lection

    Un dilemme, Joris-Karl Huysmans, chapitre V ?

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  • A A A
  • A son Ăąge ! — Avoir Ă©tĂ© la dupe d’une fille racolĂ©e chez Peters ! MaĂźtre Le Ponsart regrettait sa mĂ©prise, cette poussĂ©e incomprĂ©hensible, ce mouvement irraisonnĂ© qui l’avait, en quelque sorte, forcĂ© Ă  offrir des consommations Ă  cette femme et Ă  l’accompagner jusque chez elle.

    Il n’avait pourtant eu la tĂȘte Ă©gayĂ©e par aucun vin ; cette drĂŽlesse Ă©tait venue se placer Ă  sa table, avait causĂ© avec lui de choses et autres, non sans qu’il l’eĂ»t loyalement prĂ©venue qu’elle perdait son temps ; puis des messieurs Ă©taient entrĂ©s qui l’avaient saluĂ©e et auxquels elle avait tendu la main et parlĂ© bas. De ce fait sans importance Ă©tait peut-ĂȘtre issue, souterrainement, l’instinctive rĂ©solution de la possĂ©der, peut-ĂȘtre y avait-il eu lĂ  une question de prĂ©sĂ©ance, un entĂȘtement d’homme arrivĂ© le premier et tenant Ă  conserver sa place, un certain dĂ©pit de se trouver en concurrence avec des gens plus jeunes, un certain amour-propre de vieux barbon sollicitant de la fille, Ă  prix mĂȘme supĂ©rieur, une quasi-prĂ©fĂ©rence ; — mais non, rien de tout cela n’était vrai ; il y avait eu une impulsion irrĂ©sistible, un agissement indĂ©pendant de sa volontĂ©, car il n’était fĂ©ru d’aucun dĂ©sir charnel et le physique mĂȘme de cette femme ne rĂ©pondait Ă  aucun de ses souhaits ; d’autre part, le temps Ă©tait sec et froid, et MaĂźtre Le Ponsart ne pouvait invoquer Ă  l’appui de sa lĂąchetĂ© l’influence de ces chaleurs lourdes ou de ces ciels mous et pluvieux qui Ă©nervent l’homme et le livrent presque sans dĂ©fense aux femmes en chasse. Tout bien considĂ©rĂ©, cette aventure demeurait incomprĂ©hensible.

    En voiture, le long du chemin, il se disait qu’il Ă©tait ridicule, que cette rencontre Ă©tait niaise, fertile en carottes et en dĂ©boires ; et il se sentait sans force pour quitter cette fille qu’il suivait machinalement, mu par ce bizarre sortilĂšge que connaissent les gens attardĂ©s, le soir, et qu’aucune psychologie n’explique.

    Il s’était mĂȘme retournĂ© l’épingle dans la plaie, se rĂ©pĂ©tant : « Si l’on me voyait ! j’ai l’air d’un vieux polisson ! » — murmurant, tandis qu’il payait le cocher et que la femme sonnait Ă  sa porte : « VoilĂ  l’ennui qui commence ; elle va me proposer de me tenir par la main pour que je ne me casse pas le cou dans l’obscuritĂ© sur les marches et, une fois dans la chambre, la mendicitĂ© commencera ! Bon Dieu ! faut-il que je sois bĂȘte ! » — Et il Ă©tait quand mĂȘme montĂ© et tout s’était passĂ© ainsi qu’il l’avait prĂ©vu.

    Il avait cependant Ă©prouvĂ© un certain dĂ©dommagement des tristesses conçues d’avance. Le logis Ă©tait meublĂ© avec un luxe dont le mauvais goĂ»t lui Ă©chappait. La cheminĂ©e enveloppĂ©e de rideaux en faux brocart, les chenets Ă  boules fleurdelysĂ©es, la pendule et les appliques en jeune cuivre, munies de bougies roses que la chaleur avait courbĂ©es, les divans recouverts de guipures au crochet, le mobilier en thuya et palissandre, le lit debout dans la chambre Ă  coucher, les consoles parĂ©es de marmousets en faux saxe, de verreries de foire, de statuettes de GrĂ©vin, lui semblĂšrent dĂ©celer une apĂ©ritive Ă©lĂ©gance et un langoureux confort. Il regarda complaisamment la pendule arrĂȘtĂ©e pendant que la femme se dĂ©barrassait de son chapeau.

    Elle se tourna vers lui et parla d’affaires.

    Le notaire tressaillit, lĂąchant, un Ă  un, des louis que la praticienne lui extirpait tranquillement par d’insinuants et d’impĂ©rieux appels, se consolant un peu de sa faiblesse de vieillard assis tardivement chez une fille, par la vue du corsage qu’il jugeait rigide et tiĂšde et des bas de soie rouges qui lui paraissaient crĂ©piter, aux lueurs des bougies, sur des mollets pleins et des cuisses fermes.

    Afin d’accĂ©lĂ©rer la vendange de sa bourse, la femme se campa sur ses genoux.

    — Je suis lourde, hein ?

    Bien que ses jambes pliassent, il affirma poliment le contraire, s’efforçant de se persuader, du reste, pour s’égayer, que cette pesanteur ne pouvait ĂȘtre attribuĂ©e qu’aux solides et copieuses charnures qu’il Ă©piait, mais plus que cette perspective de pouvoir les brasser, tout Ă  l’heure, Ă  l’aise, le calcul de ses dĂ©boursĂ©s, la constatation raisonnĂ©e de sa sottise et l’inexplicable impossibilitĂ© de s’y soustraire, le dominaient et finissaient par le glacer.

    Avec cela, la femme devenait insatiable ; sous la problĂ©matique assurance d’idĂ©ales caresses, elle insistait de nouveau pour qu’il ajoutĂąt un louis Ă  ceux qu’il avait dĂ©jĂ  cĂ©dĂ©s. La niaiserie mĂȘme de ses propos de ses noms d’amitiĂ© de « mon gros loulou », de « mon chĂ©ri », de « mon petit homme », achevait de consterner le vieillard engourdi, dont la luciditĂ© doutait de la vĂ©racitĂ© de cette promesse qui accompagnait les rĂ©quisitions : « Voyons, laisse-toi faire, je serai bien gentille, tu verras que tu seras content. »

    De guerre lasse, convaincu que les imminents plaisirs qu’elle annonçait seraient des plus mĂ©diocres, il souhaitait ardemment qu’ils fussent consommĂ©s pour prendre la fuite.

    Ce désir acheva de vaincre sa résistance et il se laissa complÚtement dépouiller.

    Alors, elle l’invita Ă  enlever son pardessus, Ă  se mettre Ă  l’aise. Elle-mĂȘme se dĂ©shabillait, enlevant ceux de ses vĂȘtements qu’elle eĂ»t pu froisser. Il s’approcha, mais hĂ©las ! cet embonpoint qui l’avait un peu dĂ©saffligĂ© Ă©tait Ă  la fois factice et blet ! — Elle aggrava cette derniĂšre dĂ©sillusion par tout ce qu’une femme peut apporter de mauvaise grĂące au lit, prĂ©tendant se dĂ©sintĂ©resser de ses prĂ©fĂ©rences, lui repoussant la tĂȘte, grognant : Non, laisse, tu me fatigues : puis, alors qu’il s’agissait de lui, rĂ©pondant avec une moue mĂ©prisante et sĂšche : « Qu’il s’était trompĂ© s’il l’avait prise pour une femme Ă  ça. »

    Il poussa un soupir d’allĂšgement en gagnant la porte. Ah ! pour avoir Ă©tĂ© volĂ©, il avait Ă©tĂ© bien volé ! — Et le sang lui empourprait la face, alors qu’il se rappelait les dĂ©tails grincheux de cette scĂšne.

    Puis, cet argent si malencontreusement extorquĂ© l’étouffait. Il arrivait Ă  se reprĂ©senter les choses utiles qu’il aurait pu se procurer avec la mĂȘme somme.

    Il mĂ©ditait cette rĂ©flexion stĂ©rile des gens grugĂ©s : qu’on se prive d’acheter un objet plaisant ou commode par Ă©conomie, alors qu’on n’hĂ©site pas Ă  dĂ©penser le prix qu’eĂ»t coĂ»tĂ© cet objet, dans un intĂ©rĂȘt infructueux et bĂȘte.

    — Ah ! toi…, je te conseille de filer doux, conclut-il, songeant Ă  la maĂźtresse de son petit-fils, confondant dans une mĂȘme rĂ©probation les deux femmes.

    Il sourit pourtant, car il Ă©tait certain de juguler Sophie Mouveau, d’exercer impunĂ©ment des reprĂ©sailles, de se venger sur elle des dĂ©boires infligĂ©s par la cupiditĂ© de son sexe. Le propriĂ©taire, enchantĂ© de rentrer en possession immĂ©diate de son logement, s’était, — aprĂšs avoir, du reste, en sa qualitĂ© de pĂšre de famille, exprimĂ© quelques idĂ©es sans imprĂ©vu sur les dangers du libertinage et de la profonde corruption du siĂšcle, — montrĂ© tout disposĂ© Ă  seconder le notaire dans ses entreprises, et le concierge s’était respectueusement inclinĂ©, alors que MaĂźtre Le Ponsart lui avait exhibĂ© l’ordre de laisser dĂ©mĂ©nager les meubles, d’aider au besoin Ă  l’expulsion de la femme et de garder la clef ; deux piĂšces de cent sous glissĂ©es dans la main, avaient mĂȘme amolli sa mine et dĂ©tendu la rigiditĂ© luthĂ©rienne de son port. Trente-trois francs soixante-quinze et dix francs font quarante-trois francs soixante-quinze, pensait le notaire ; c’est bien le chiffre que j’ai annoncĂ© Ă  mon vieux Lambois, une cinquantaine de francs au plus.

    Toutes ses prĂ©cautions Ă©taient prises : les dĂ©mĂ©nageurs devaient se trouver Ă  midi prĂ©cis devant la porte, descendre le mobilier, l’expĂ©dier par chemin de fer, dans la voiture mĂȘme, posĂ©e, sans roues, Ă  plat sur un camion de marchandises, jusqu’à Beauchamp.

    Une seule question demeurait encore pendante : Sophie paraissait Ă  Me Le Ponsart singuliĂšrement retorse. Ce silence oĂč elle se confinait le plus possible, ce systĂšme ininterrompu de pleurs interloquaient le notaire qui attribuait Ă  la finesse le profond dĂ©sarroi et la sottise accablĂ©e de cette fille. Il Ă©tait absolument persuadĂ© que cette larmoyante stupeur cachait une embuscade et la crainte qu’elle ne vint scandaliser Beauchamp par sa prĂ©sence ne le quittait plus. AprĂšs mĂ»re dĂ©libĂ©ration, il s’était dĂ©terminĂ© Ă  recourir aux bons offices de son ancien ami, le commissaire de police, s’était abouchĂ©, grĂące Ă  lui, avec son collĂšgue du VIe arrondissement, et avait obtenu qu’on menaçùt tout au moins la femme des rigueurs de la justice, si elle ne consentait pas Ă  rester tranquille.

    — Allons, il est temps d’achever la petite partie commencĂ©e et d’emballer rondement la donzelle, se dit Me Le Ponsart, en consultant sa montre. Et il s’achemina vers la rue du Four, se consolant de ses ennuis, par la pensĂ©e, qu’il prendrait le train, le soir, et rentrerait enfin dans ses pantoufles.

    Le concierge baisa presque ses propres pieds, tant il se courba, dĂšs qu’il l’aperçut. MaĂźtre Le Ponsart monta, s’arrĂȘta dans le couloir, et, naturellement, sans y songer, il substitua au coup poli, discret, dont il avait, la veille, toquĂ© la porte, un coup impĂ©rieux et bref.

    Il demeura surpris quand il eût pénétré, à la suite de Sophie, dans la chambre, de rencontrer une grosse dame.

    Cette dame se souleva, esquissa une rĂ©vĂ©rence et se rassit. Qu’est-ce que c’est que cela ? se dit-il, en regardant cette bedonnante personne, serrĂ©e Ă  voler en Ă©clats dans une robe d’un outremer atroce, sur le corsage de laquelle tombaient les trois Ă©tages d’un menton en beurre.

    En voyant les perles de corail rose qui coulaient des lobes cramoisis des oreilles et une croix de Jeannette qui pantelait sous le va-et-vient d’une ocĂ©anique gorge, il pensa que cette vieille dame Ă©tait une harengĂšre, vĂȘtue de ses habits de fĂȘte.

    TrĂšs mĂ©prisant, il dĂ©tourna les yeux et les reporta sur la jeune fille ; alors il fronça le sourcil. Elle Ă©tait, elle aussi, en grande toilette, parĂ©e de tous les bijoux que Jules lui avait donnĂ©s, et, ainsi pomponnĂ©e, les seins bien lignĂ©s par le corsage, les hanches bien suivies par la jupe de cachemire, elle Ă©tait charmante. Malheureusement pour elle, cette beautĂ© et ce costume qui eussent sans doute attendri le vieillard, la veille, l’irritĂšrent par le souvenir qu’il Ă©voquait d’une soirĂ©e maudite. La malchance s’en mĂȘlait ; la tenue dĂ©braillĂ©e de Sophie, qui l’avait rĂ©pugnĂ©, lors de sa premiĂšre visite, Ă©tait la seule qui eĂ»t pu l’adoucir aujourd’hui.

    De mĂȘme que, pour la premiĂšre fois, ses cheveux emmĂȘlĂ©s sur le front l’avait induit Ă  ĂȘtre brutal, de mĂȘme aussi sa chevelure soigneusement peignĂ©e l’incitait Ă  ĂȘtre cruel.

    D’un ton dur, il lui demanda si elle Ă©tait dĂ©cidĂ©e Ă  signer le reçu.

    — Mon Dieu ! Monsieur, dit la grosse dame qui intervint, permettez-moi de faire appel Ă  votre bon cƓur, comme vous voyez, la pauvre enfant est toute Ă©baubie de ce qui lui arrive… elle ne sait pas…, moi, je l’ai assurĂ©e que vous ne la laisseriez pas, comme ça, dans la peine. Sophie, que je lui ai dit, Monsieur Ponsart est une homme qui a reçu de l’éducation ; avec ces gens-lĂ  qui ont de la justice, tu n’as rien Ă  craindre. Hein ? dis, c’est-il vrai que je t’ai dit cela ?

    — Pardon, Madame, fit le notaire, mais je serais heureux de savoir à qui j’ai l’honneur de parler.

    La grosse dame se leva et s’inclina.

    — Je suis madame Champagne, c’est moi qui tiens la maison de papeterie au numĂ©ro 4, M. Champagne, mon mari…

    Maütre Le Ponsart lui coupa la parole d’un geste et du ton le plus sec :

    — Vous ĂȘtes sans doute parente de Mademoiselle ?

    — Non, monsieur, mais c’est tout comme ; je suis, comme qui dirait, sa mùre.

    — Alors, Madame, vous n’avez rien Ă  voir dans la question qui nous occupe, permettez-moi de vous le dire ; c’est donc Ă  Mademoiselle seule que je continuerai d’avoir affaire. — Il tira sa montre. — Dans cinq minutes, les dĂ©mĂ©nageurs seront ici, et je ne sortirai de ce logement, je vous prĂ©viens, que la clef en poche. En consĂ©quence, je ne puis, Mademoiselle, que vous inviter Ă  prĂ©parer un paquet des objets qui vous appartiennent et Ă  me faire dĂ©cidement connaĂźtre si, oui ou non, vous acceptez les propositions que je vous ai soumises.

    — Oh ! Monsieur ! c’est-il Dieu possible ! soupira Madame Champagne atterrĂ©e.

    MaĂźtre Le Ponsart la fixa de son Ɠil d’étain et elle perdit son peu d’assurance. Du reste, cette femme, d’habitude si loquace et si hardie, semblait, ce matin-lĂ , privĂ©e de ses moyens, dĂ©nuĂ©e d’audace.

    Et, en effet, l’un de ces irrĂ©parables malheurs qu’on croirait s’abattre de prĂ©fĂ©rence, aux moments douloureux, sur les gens pauvres, lui Ă©tait survenu, dĂšs le lever.

    Madame Champagne possĂ©dait, en haut de la bouche, sur le devant, deux fausses dents qu’elle enlevait, chaque soir, et dĂ©posait dans un verre d’eau. Ce matin-lĂ , elle avait commis l’imprudence de tirer ce bout de ratelier de l’eau et de le placer sur le marbre de sa table de nuit oĂč Titi, le chien, l’avait happĂ©, s’imaginant sans doute que c’était un os.

    La papetiĂšre s’était presque Ă©vanouie, en lui voyant broyer le vulcanite, le faux ivoire, les attaches, tout l’appareil. Depuis ce moment, elle pinçait les lĂšvres de peur de laisser voir les brĂšches de sa mĂąchoire, parlait en crachotant de cĂŽtĂ©, Ă©tait anĂ©antie par cette idĂ©e fixe qu’elle n’avait pas l’argent nĂ©cessaire pour combler ses trous. Cette absorbante prĂ©occupation Ă  laquelle se joignait la peur de montrer au notaire les crĂ©neaux pratiquĂ©s dans ses gencives paralysait ses facultĂ©s, la rendait idiote.

    La sĂ©cheresse de ce vieillard, son verbe impĂ©rieux, le mĂ©pris dans lequel il ne cessait de la tenir malgrĂ© ses frais de toilette achevĂšrent de la glacer, d’autant qu’elle n’avait mĂȘme pas doutĂ©, un seul instant, d’un accueil sympathique, d’une discussion aimable, d’un assaut de courtoisies rĂ©ciproques.

    — Vous m’avez compris, n’est-ce pas ? ajouta Maütre Le Ponsart, s’adressant à Sophie interdite.

    Elle Ă©clata en sanglots et Madame Champagne, bouleversĂ©e, oublia sa bouche, se prĂ©cipita vers la jeune fille qu’elle embrassa, en la consolant avec des larmes.

    Cette explosion crispa le notaire ; mais il eut soudain un sourire de triomphe : des pas de rouliers Ă©branlaient enfin les marches, au dehors. Un coup de poing s’abattit sur la porte qui roula ainsi qu’un tambour.

    Le notaire ouvrit ; des déménageurs déjà ivres emplirent les piÚces.

    — Tiens, dit l’un, v’la la bourgeoise qui tourne de l’Ɠil.

    — Bien vrai, je ne sais pas si elle est pleine, fit un autre, en lui regardant le ventre, et il s’avança, l’Ɠil gai, pour prendre dans ses bras Sophie qui s’affaissait sur une chaise.

    Madame Champagne Ă©carta d’une geste ces pandours.

    — De l’eau ! de l’eau ! cria-t-elle, affolĂ©e, tournant sur elle-mĂȘme.

    — Ne vous occupez pas de cela et dĂ©pĂȘchons, dit MaĂźtre Le Ponsart aux hommes ; — je me charge de Mademoiselle, et pas de comĂ©die, n’est-ce pas ? fit-il, marchant, exaspĂ©rĂ©, sur la papetiĂšre dont il pĂ©trit nerveusement le bras ; — allons, triez ses affaires et vite, ou moi j’emballe, au hasard, le tout, sans plus tarder.

    Et il dĂ©crocha, lui-mĂȘme, des jupons et des camisoles pendus Ă  une patĂšre et les jeta dans un coin, tandis que Madame Champagne finissait de frotter, en pleurant les tempes de la jeune fille.

    Celle-ci revint Ă  elle et alors, pendant que les hommes emportaient les meubles, sous l’Ɠil vigilant du notaire qui surveillait maintenant la descente, Madame Champagne comprenant que la partie Ă©tait perdue, tenta de sauver la derniĂšre carte.

    — Monsieur, dit-elle, rejoignant Maütre Le Ponsart sur le palier, un mot, s’il vous plaüt.

    — Soit.

    — Monsieur, puisque vous ĂȘtes sans pitiĂ© pour Sophie qui s’est tuĂ©e Ă  soigner votre petit-fils, dit-elle d’une voix suppliante et basse, laissez-moi au moins faire appel Ă  votre esprit de justice. Si vous voulez, ainsi que vous le dites, considĂ©rer Sophie comme une bonne, pensez alors qu’elle na pas touchĂ© de gages tant qu’elle a Ă©tĂ© chez M. Jules, et payez-lui les mois qu’elle a passĂ©s chez lui, afin qu’elle puisse accoucher chez une sage-femme et mettre l’enfant en nourrice.

    Le notaire eut un haut-le-corps ; puis un rire narquois lui rida la bouche.

    — Madame, fit-il, avec un salut cĂ©rĂ©monieux, je suis au dĂ©sespoir de ne pouvoir accueillir la requĂȘte que vous m’adressez ; et cela, mon Dieu, par une raison bien simple : c’est que vous ne ferez croire Ă  personne qu’une bonne soit restĂ©e dans une maison oĂč son maĂźtre ne la payait pas. Mademoiselle a donc, selon moi, par ce fait seul qu’elle n’a pas quittĂ© sa place, incontestablement touchĂ©, chaque mois, son dû ; j’ajouterai qu’on ne demande pas de reçus Ă  une bonne, et que, par consĂ©quent, de l’absence de ces reçus, l’on ne saurait infĂ©rer que Mademoiselle demeure crĂ©anciĂšre de la succession de M. Jules. J’en reviens donc, et pour la derniĂšre fois, Madame, car je suis las Ă  la fin de rĂ©pĂ©ter toujours la mĂȘme chose, Ă  inviter Mademoiselle Sophie Ă  liquider sa situation, en signant, par dĂ©rogation cependant Ă  la rĂšgle que j’ai posĂ©e, le prĂ©sent reçu. En Ă©change, je lui paierai la somme Ă  laquelle je veux bien admettre qu’elle ait droit.

    — Mais c’est une infamie, Monsieur, une lĂąchetĂ©, un vol, s’écria Madame Champagne, jetĂ©e hors d’elle.

    MaĂźtre Le Ponsart pirouetta et lui tourna le dos, sans mĂȘme daigner rĂ©pondre Ă  ces violences.

    — Quant Ă  vous, fichez-moi la paix, dit-il, sur le palier, aux dĂ©mĂ©nageurs qui tentaient de lui carotter un nouveau litre ; et il rentra dans le logis, l’Ɠil froncĂ©, les mains derriĂšre le dos.

    Une sourde colĂšre l’agitait, l’intrusion de la papetiĂšre dans une question oĂč elle n’avait, suivant lui, aucun motif de s’immiscer, avait enforci ses rĂ©solutions sur lesquelles appuyaient encore la hĂąte d’en finir, l’envie de quitter ce Paris qui Ă©tait, depuis la veille, odieux, le dĂ©sir de regagner au plus vite son chez soi, par un train de nuit. Puis, il s’entĂȘtait Ă  ne pas dĂ©passer ce chiffre de cinquante francs qu’il avait fixĂ© comme maximum Ă  M. Lambois ; il se faisait un point d’honneur de justifier ses prĂ©visions, de montrer, une fois de plus, combien il Ă©tait un homme prĂ©cis quand il s’agissait d’affaires ; cette Ă©conomie lui semblait aussi une juste compensation de ses prodigalitĂ©s de l’autre soir ; aux femmes, aprĂšs tout, Ă  s’arranger entre elles ! Enfin la rapacitĂ© des dĂ©mĂ©nageurs l’avait outré ; chacun voulait tirer Ă  boulets rouges sur sa bourse ; eh bien, personne ne l’atteindrait et personne n’aurait rien ! Ces motifs qui s’entassaient dans son esprit et se consolidaient les uns aux autres, rendaient vaines les supplications et les rages de Madame Champagne qui, aussitĂŽt que MaĂźtre Le Ponsart revint dans la piĂšce, perdit toute mesure et ne risquant plus de gĂąter une cause dĂ©jĂ  jugĂ©e, passa aux menaces.

    — Oui, Monsieur, oui, dit-elle, en sifflant des dents, j’irai, moi-mĂȘme, dans votre pays, quand je devrais faire la route Ă  pied, et je chambarderai tout, vous m’entendez bien ! — Je vous porterai l’enfant, je dirai partout ce qui en est ; je dirai que vous n’avez mĂȘme pas eu le cƓur de le faire venir au monde, cet enfant-lĂ …

    — Ta, ta, ta, interrompit le notaire qui ouvrit son portefeuille, le cas est prĂ©vu. Voici une assignation du commissaire de police qui invite Mademoiselle Ă  comparoir devant lui ; un mot de plus, j’use de ce papier, et je vous promets que Mademoiselle restera, si elle veut bouger de Paris, tranquille ; quant Ă  vous, ma chĂšre dame, je vais ĂȘtre obligĂ© de vous faire assigner Ă©galement par ce magistrat qui vous mettra Ă  la raison, je vous le jure, si vous continuez de divaguer de la sorte. Au reste, venez Ă  Beauchamp, si le cƓur vous en dit, je me charge, dĂšs votre arrivĂ©e, de vous faire coffrer et vite…

    — Oh ! la crapule ! a-t-il du vice ! murmura Madame Champagne qui aperçut, Ă©pouvantĂ©e, des enfilades de cachots sombres, les rats, le pain noir et la cruche de Latude, tout un lamentable dĂ©cor de mĂ©lodrame.

    Satisfait de son petit coup de thĂ©Ăątre, MaĂźtre Le Ponsart descendit dans la cour oĂč l’on chargeait les derniers meubles ; puis, lorsque tout fut bien en ordre, il invita le concierge Ă  le suivre et remonta les quatre Ă©tages.

    — Ah, ah ! nous nous dĂ©cidons enfin, dit-il, voyant Madame Champagne qui trempait une plume dans un encrier et la tendait Ă  Sophie.

    Et tandis que les mains tremblantes des deux femmes s’unissaient pour dessiner un vague paraphe, au bas du papier, MaĂźtre Le Ponsart fit signe au concierge de ficeler les frusques Ă©parses de la femme, et lui-mĂȘme prit et serra ce rĂ©cĂ©pissĂ© dans lequel Sophie dĂ©clarait avoir servi comme bonne chez M. Jules Lambois, affirmait avoir reçu le montant intĂ©gral de ses gages, attestait ne plus avoir droit Ă  aucune somme.

    — AprĂšs cela, tu auras de la peine Ă  nous faire chanter, se dit-il, et il dĂ©posa sur la cheminĂ©e la somme dont il tenait, depuis la veille, la monnaie prĂȘte.

    — Et maintenant, Mesdames je suis Ă  vos ordres. Et vous, si vous voulez ranger ces paquets dans la cour,… reprit-il, s’adressant au concierge.

    — Non, Monsieur, non ça ne vous portera pas bonheur, gĂ©mit en secouant la tĂȘte, Madame Champagne qui soutint Sophie par le bras et l’emmena, toute dĂ©faillante. Tu as bien tout ce qui t’appartient ? et elle souleva le couvercle d’un panier que la jeune fille avait, elle-mĂȘme, empli.

    L’autre approuva de la tĂȘte et, lentement, elles descendirent.

    — Ouf ! Quel tintouin ! s’exclama MaĂźtre Le Ponsart demeurĂ© seul maĂźtre de la place. Il alluma un cigare qu’il s’était refusĂ©, par galanterie, de fumer, pour ne pas incommoder ces dames et il jeta un coup d’Ɠil sur les murs nus ; puis, par habitude de propretĂ©, il poussa du bout de sa bottine, dans l’ñtre, des rognures de chiffons et de papiers qui traĂźnaient sur le plancher ; un billet, pliĂ© en quatre, attira cependant son attention ; il le ramassa, et le parcourut ; c’était une ordonnance de pharmacie : De l’eau distillĂ©e de laurier-cerise et de la teinture de noix vomique. Il chercha, pendant une seconde, se rappela vaguement, en sa qualitĂ© d’homme mariĂ© et de pĂšre de famille, que cette potion aidait Ă  combattre les vomissements de la grossesse.

    Diable ! se dit-il, mais cette fille peut avoir besoin de cette ordonnance ! — Il ouvrit la fenĂȘtre qui donnait sur la cour, attendit que les deux femmes, descendues de l’escalier, parussent, toussa fortement et lorsqu’elles levĂšrent le nez, il jeta ce petit papier qui voleta et s’abattit Ă  leurs pieds.

    — Je ne veux rien avoir Ă  me reprocher, conclut-il, en tirant sur son cigare. Il inspecta le local, une derniĂšre fois, s’assura qu’il Ă©tait dĂ©cidĂ©ment vide, ferma soigneusement la porte et partit, Ă  son tour, restituant la clef au concierge.


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