Cocorico ! Histoire



Histoire, Politique

Une petite histoire du droit de vote des femmes en France ?


  • A A A
  • - Moyen Âge: les femmes votent autant que les hommes
    - 1302-1789: les femmes sont convoquĂ©es lors des États gĂ©nĂ©raux
    - 22 décembre 1789: les femmes sont exclues totalement du droit de vote
    - 1793: exĂ©cution d’Olympe de Gouges, auteur de la DĂ©claration des droits de la femme et de la citoyenne
    - 1876: Hubertine Auclert fonde la société le Droit des femmes
    - 1900: création de la société le Suffrage des femmes
    - 1919: soutien du pape BenoĂźt XV au vote des femmes
    - 21 avril 1944: le droit de vote est accordé aux femmes en France


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    Histoire, Musique, SĂ©lection

    Giuseppe Verdi, compositeur français ?


  • A A A
  • Le 10 octobre 1813, lorsque nait le futur compositeur de La Traviata, Le Roncole est un petit village du dĂ©partement du Taro, chef-lieu Parme. Nous sommes encore Ă  l’Ă©poque napolĂ©onienne, mais pas pour longtemps: le traitĂ© de Fontainebleau du 11 avril 1814 met fin Ă  la domination française du duchĂ© de Parme, qui passe sous le contrĂŽle de l’ancienne impĂ©ratrice des Français, Marie-Louise d’Autriche dont l’intercession permettra Ă  Verdi de financer ses Ă©tudes au conservatoire de Milan. En souvenir peut-ĂȘtre de ses origines, le compositeur apportera un soin particulier Ă  l’adaptation française de Il Travatore, Le TrouvĂšre, crĂ©Ă© le 12 janvier 1857 Ă  l’OpĂ©ra de Paris. En 1847, Verdi avait reçu du roi Louis-Philippe le grade de chevalier de la LĂ©gion d’honneur, instituĂ©e par NapolĂ©on Bonaparte sous l’empire duquel il Ă©tait nĂ©.


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    Qu’est-ce qu’une nation ?

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    Je me propose d’analyser avec vous une idĂ©e, claire en apparence, mais qui prĂȘte aux plus dangereux malentendus. Les formes de la sociĂ©tĂ© humaine sont des plus variĂ©es. Les grandes agglomĂ©rations d’hommes Ă  la façon de la Chine, de l’Égypte, de la plus ancienne Babylonie ; ― la tribu Ă  la façon des HĂ©breux, des Arabes ; ― la citĂ© Ă  la façon d’AthĂšnes et de Sparte ; ― les rĂ©unions de pays divers Ă  la maniĂšre de l’Empire carlovingien; ― les communautĂ©s sans patrie, maintenues par le lien religieux, comme sont celles des israĂ©lites, des parsis ; ― les nations comme la France, l’Angleterre et la plupart des modernes autonomies europĂ©ennes ; ― les confĂ©dĂ©rations Ă  la façon de la Suisse, de l’AmĂ©rique ; ― des parentĂ©s comme celles que la race, ou plutĂŽt la langue, Ă©tablit entre les diffĂ©rentes branches de Germains, les diffĂ©rentes branches de Slaves ; ― voilĂ  des modes de groupements qui tous existent, ou bien ont existĂ©, et qu’on ne saurait confondre les uns avec les autres sans les plus sĂ©rieux inconvĂ©nients. À l’époque de la RĂ©volution française, on croyait que les institutions de petites villes indĂ©pendantes, telles que Sparte et Rome, pouvaient s’appliquer Ă  nos grandes nations de trente Ă  quarante millions d’ñmes. De nos jours, on commet une erreur plus grave : on confond la race avec la nation, et l’on attribue Ă  des groupes ethnographiques ou plutĂŽt linguistiques une souverainetĂ© analogue Ă  celle des peuples rĂ©ellement existants. TĂąchons d’arriver Ă  quelque prĂ©cision en ces questions difficiles, oĂč la moindre confusion sur le sens des mots, Ă  l’origine du raisonnement, peut produire Ă  la fin les plus funestes erreurs. Ce que nous allons faire est dĂ©licat ; c’est presque de la vivisection ; nous allons traiter les vivants comme d’ordinaire on traite les morts. Nous y mettrons la froideur, l’impartialitĂ© la plus absolue.

    I

    Depuis la fin de l’Empire romain, ou, mieux, depuis la dislocation de l’Empire de Charlemagne, l’Europe occidentale nous apparaĂźt divisĂ©e en nations, dont quelques-unes, Ă  certaines Ă©poques, ont cherchĂ© Ă  exercer une hĂ©gĂ©monie sur les autres, sans jamais y rĂ©ussir d’une maniĂšre durable. Ce que n’ont pu Charles-Quint, Louis XIV, NapolĂ©on Ier, personne probablement ne le pourra dans l’avenir. L’établissement d’un nouvel empire romain ou d’un nouvel Empire de Charlemagne est devenu une impossibilitĂ©. La division de l’Europe est trop grande pour qu’une tentative de domination universelle ne provoque pas trĂšs vite une coalition qui fasse rentrer la nation ambitieuse dans ses bornes naturelles. Une sorte d’équilibre est Ă©tabli pour longtemps. La France, l’Angleterre, l’Allemagne, la Russie seront encore, dans des centaines d’annĂ©es, et malgrĂ© les aventures qu’elles auront courues, des individualitĂ©s historiques, les piĂšces essentielles d’un damier, dont les cases varient sans cesse d’importance et de grandeur, mais ne se confondent jamais tout Ă  fait.

    Les nations, entendues de cette maniĂšre, sont quelque chose d’assez nouveau dans l’histoire. L’antiquitĂ© ne les connut pas ; l’Égypte, la Chine, l’antique ChaldĂ©e ne furent Ă  aucun degrĂ© des nations. C’étaient des troupeaux menĂ©s par un fils du Soleil, ou un fils du Ciel. Il n’y eut pas de citoyens Ă©gyptiens, pas plus qu’il n’y a de citoyens chinois. L’antiquitĂ© classique eut des rĂ©publiques et des royautĂ©s municipales, des confĂ©dĂ©rations de rĂ©publiques locales, des empires ; elle n’eut guĂšre la nation au sens oĂč nous la comprenons. AthĂšnes, Sparte, Sidon, Tyr sont de petits centres d’admirable patriotisme ; mais ce sont des citĂ©s avec un territoire relativement restreint. La Gaule, l’Espagne, l’Italie, avant leur absorption dans l’empire romain, Ă©taient des ensembles de peuplades, souvent liguĂ©es entre elles, mais sans institutions centrales, sans dynasties. L’empire assyrien, l’empire persan, l’empire d’Alexandre ne furent pas non plus des patries. Il n’y eut jamais de patriotes assyriens ; l’empire persan fut une vaste fĂ©odalitĂ©. Pas une nation ne rattache ses origines Ă  la colossale aventure d’Alexandre, qui fut cependant si riche en consĂ©quences pour l’histoire gĂ©nĂ©rale de la civilisation.

    L’empire romain fut bien plus prĂšs d’ĂȘtre une patrie. En retour de l’immense bienfait de la cessation des guerres, la domination romaine, d’abord si dure, fut bien vite aimĂ©e. Ce fut une grande association, synonyme d’ordre, de paix et de civilisation. Dans les derniers temps de l’Empire, il y eut, chez les Ăąmes Ă©levĂ©es, chez les Ă©vĂȘques Ă©clairĂ©s, chez les lettrĂ©s, un vrai sentiment de « la paix romaine », opposĂ©e au chaos menaçant de la barbarie. Mais un empire, douze fois grand comme la France actuelle, ne saurait former un État dans l’acception moderne. La scission de l’Orient et de l’Occident Ă©tait inĂ©vitable. Les essais d’un empire gaulois, au iiie siĂšcle, ne rĂ©ussirent pas. C’est l’invasion germanique qui introduisit dans le monde le principe qui, plus tard, a servi de base Ă  l’existence des nationalitĂ©s.

    Que firent les peuples germaniques, en effet, depuis leurs grandes invasions du ve siĂšcle jusqu’aux derniĂšres conquĂȘtes normandes au xe ? Ils changĂšrent peu le fond des races ; mais ils imposĂšrent des dynasties et une aristocratie militaire Ă  des parties plus ou moins considĂ©rables de l’ancien Empire d’Occident, lesquelles prirent le nom de leurs envahisseurs. De lĂ  une France, une Burgondie, une Lombardie ; plus tard, une Normandie. La rapide prĂ©pondĂ©rance que prit l’empire franc refait un moment l’unitĂ© de l’Occident ; mais cet empire se brise irrĂ©mĂ©diablement vers le milieu du ixe siĂšcle ; le traitĂ© de Verdun trace des divisions immuables en principe, et dĂšs lors la France, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne s’acheminent, par des voies souvent dĂ©tournĂ©es et Ă  travers mille aventures, Ă  leur pleine existence nationale, telle que nous la voyons s’épanouir aujourd’hui.

    Qu’est-ce qui caractĂ©rise, en effet, ces diffĂ©rents États ? C’est la fusion des populations qui les composent. Dans les pays que nous venons d’énumĂ©rer, rien d’analogue Ă  ce que vous trouverez en Turquie, oĂč le Turc, le Slave, le Grec, l’ArmĂ©nien, l’Arabe, le Syrien, le Kurde sont aussi distincts aujourd’hui qu’au jour de la conquĂȘte. Deux circonstances essentielles contribuĂšrent Ă  ce rĂ©sultat. D’abord le fait que les peuples germaniques adoptĂšrent le christianisme dĂšs qu’ils eurent des contacts un peu suivis avec les peuples grecs et latins. Quand le vainqueur et le vaincu sont de la mĂȘme religion, ou plutĂŽt, quand le vainqueur adopte la religion du vaincu, le systĂšme turc, la distinction absolue des hommes d’aprĂšs la religion, ne peut plus se produire. La seconde circonstance fut, de la part des conquĂ©rants, l’oubli de leur propre langue. Les petits-fils de Clovis, d’Alaric, de Gondebaud, d’Alboin, de Rollon, parlaient dĂ©jĂ  roman. Ce fait Ă©tait lui-mĂȘme la consĂ©quence d’une autre particularitĂ© importante ; c’est que les Francs, les Burgondes, les Goths, les Lombards, les Normands avaient trĂšs peu de femmes de leur race avec eux. Pendant plusieurs gĂ©nĂ©rations, les chefs ne se marient qu’avec des femmes germaines ; mais leurs concubines sont latines, les nourrices des enfants sont latines ; toute la tribu Ă©pouse des femmes latines ; ce qui fit que la lingua francica, la lingua gothica n’eurent, depuis l’établissement des Francs et des Goths en terres romaines, que de trĂšs courtes destinĂ©es. Il n’en fut pas ainsi en Angleterre ; car l’invasion anglo-saxonne avait sans doute des femmes avec elle ; la population bretonne s’enfuit, et, d’ailleurs, le latin n’était plus, ou mĂȘme, ne fut jamais dominant dans la Bretagne. Si on eĂ»t gĂ©nĂ©ralement parlĂ© gaulois dans la Gaule, au ve siĂšcle, Clovis et les siens n’eussent pas abandonnĂ© le germanique pour le gaulois.

    De lĂ  ce rĂ©sultat capital que, malgrĂ© l’extrĂȘme violence des mƓurs des envahisseurs germains, le moule qu’ils imposĂšrent devint, avec les siĂšcles, le moule mĂȘme de la nation. France devint trĂšs lĂ©gitimement le nom d’un pays oĂč il n’était entrĂ© qu’une imperceptible minoritĂ© de Francs. Au xe siĂšcle, dans les premiĂšres chansons de geste, qui sont un miroir si parfait de l’esprit du temps, tous les habitants de la France sont des Français. L’idĂ©e d’une diffĂ©rence de races dans la population de la France, si Ă©vidente chez GrĂ©goire de Tours, ne se prĂ©sente Ă  aucun degrĂ© chez les Ă©crivains et les poĂštes français postĂ©rieurs Ă  Hugues Capet. La diffĂ©rence du noble et du vilain est aussi accentuĂ©e que possible ; mais la diffĂ©rence de l’un Ă  l’autre n’est en rien une diffĂ©rence de race ; c’est une diffĂ©rence de courage, d’habitudes et d’éducation transmise hĂ©rĂ©ditairement ; l’idĂ©e que l’origine de tout cela soit une conquĂȘte ne vient Ă  personne. Le faux systĂšme d’aprĂšs lequel la noblesse dut son origine Ă  un privilĂšge confĂ©rĂ© par le roi pour de grands services rendus Ă  la nation, si bien que tout noble est un anobli, ce systĂšme est Ă©tabli comme un dogme dĂšs le xiiie siĂšcle. La mĂȘme chose se passa Ă  la suite de presque toutes les conquĂȘtes normandes. Au bout d’une ou deux gĂ©nĂ©rations, les envahisseurs normands ne se distinguaient plus du reste de la population ; leur influence n’en avait pas moins Ă©tĂ© profonde ; ils avaient donnĂ© au pays conquis une noblesse, des habitudes militaires, un patriotisme qu’il n’avait pas auparavant.

    L’oubli, et je dirai mĂȘme l’erreur historique, sont un facteur essentiel de la crĂ©ation d’une nation, et c’est ainsi que le progrĂšs des Ă©tudes historiques est souvent pour la nationalitĂ© un danger. L’investigation historique, en effet, remet en lumiĂšre les faits de violence qui se sont passĂ©s Ă  l’origine de toutes les formations politiques, mĂȘme de celles dont les consĂ©quences ont Ă©tĂ© le plus bienfaisantes. L’unitĂ© se fait toujours brutalement ; la rĂ©union de la France du Nord et de la France du Midi a Ă©tĂ© le rĂ©sultat d’une extermination et d’une terreur continuĂ©e pendant prĂšs d’un siĂšcle. Le roi de France, qui est, si j’ose le dire, le type idĂ©al d’un cristallisateur sĂ©culaire ; le roi de France, qui a fait la plus parfaite unitĂ© nationale qu’il y ait ; le roi de France, vu de trop prĂšs, a perdu son prestige ; la nation qu’il avait formĂ©e l’a maudit, et, aujourd’hui, il n’y a que les esprits cultivĂ©s qui sachent ce qu’il valait et ce qu’il a fait.

    C’est par le contraste que ces grandes lois de l’histoire de l’Europe occidentale deviennent sensibles. Dans l’entreprise que le roi de France, en partie par sa tyrannie, en partie par sa justice, a si admirablement menĂ©e Ă  terme, beaucoup de pays ont Ă©chouĂ©. Sous la couronne de Saint-Étienne, les Madgyars et les Slaves sont restĂ©s aussi distincts qu’ils l’étaient il y a huit cents ans. Loin de fondre les Ă©lĂ©ments divers de ses domaines, la maison de Hapsbourg les a tenus distincts et souvent opposĂ©s les uns aux autres. En BohĂȘme, l’élĂ©ment tchĂšque et l’élĂ©ment allemand sont superposĂ©s comme l’huile et l’eau dans un verre. La politique turque de la sĂ©paration des nationalitĂ©s d’aprĂšs la religion a eu de bien plus graves consĂ©quences : elle a causĂ© la ruine de l’Orient. Prenez une ville comme Salonique ou Smyrne, vous y trouverez cinq ou six communautĂ©s dont chacune a ses souvenirs et qui n’ont entre elles presque rien en commun. Or l’essence d’une nation est que tous les individus aient beaucoup de choses en commun, et aussi que tous aient oubliĂ© bien des choses. Aucun citoyen français ne sait s’il est Burgonde, Alain, TaĂŻfale, Visigoth ; tout citoyen français doit avoir oubliĂ© la Saint-BarthĂ©lemy, les massacres du Midi au xiiie siĂšcle. Il n’y a pas en France dix familles qui puissent fournir la preuve d’une origine franque, et encore une telle preuve serait-elle essentiellement dĂ©fectueuse, par suite de mille croisements inconnus qui peuvent dĂ©ranger tous les systĂšmes des gĂ©nĂ©alogistes.

    La nation moderne est donc un rĂ©sultat historique amenĂ© par une sĂ©rie de faits convergeant dans le mĂȘme sens. TantĂŽt l’unitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par une dynastie, comme c’est le cas pour la France ; tantĂŽt elle l’a Ă©tĂ© par la volontĂ© directe des provinces, comme c’est le cas pour la Hollande, la Suisse, la Belgique ; tantĂŽt par un esprit gĂ©nĂ©ral, tardivement vainqueur des caprices de la fĂ©odalitĂ©, comme c’est le cas pour l’Italie et l’Allemagne. Toujours une profonde raison d’ĂȘtre a prĂ©sidĂ© Ă  ces formations. Les principes, en pareils cas, se font jour par les surprises les plus inattendues. Nous avons vu, de nos jours, l’Italie unifiĂ©e par ses dĂ©faites, et la Turquie dĂ©molie par ses victoires. Chaque dĂ©faite avançait les affaires de l’Italie ; chaque victoire perdait la Turquie ; car l’Italie est une nation, et la Turquie, hors de l’Asie Mineure, n’en est pas une. C’est la gloire de la France d’avoir, par la RĂ©volution française, proclamĂ© qu’une nation existe par elle-mĂȘme. Nous ne devons pas trouver mauvais qu’on nous imite. Le principe des nations est le nĂŽtre. Mais qu’est-ce donc qu’une nation ? Pourquoi la Hollande est-elle une nation, tandis que le Hanovre ou le grand-duchĂ© de Parme n’en sont pas une ? Comment la France persiste-t-elle Ă  ĂȘtre une nation, quand le principe qui l’a crĂ©Ă©e a disparu ? Comment la Suisse, qui a trois langues, deux religions, trois ou quatre races, est-elle une nation, quand la Toscane, par exemple, qui est si homogĂšne, n’en est pas une ? Pourquoi l’Autriche est-elle un État et non pas une nation ? En quoi le principe des nationalitĂ©s diffĂšre-t-il du principe des races ? VoilĂ  des points sur lesquels un esprit rĂ©flĂ©chi tient Ă  ĂȘtre fixĂ©, pour se mettre d’accord avec lui-mĂȘme. Les affaires du monde ne se rĂšglent guĂšre par ces sortes de raisonnements ; mais les hommes appliquĂ©s veulent porter en ces matiĂšres quelque raison et dĂ©mĂȘler les confusions oĂč s’embrouillent les esprits superficiels.

    II

    À entendre certains thĂ©oriciens politiques, une nation est avant tout une dynastie, reprĂ©sentant une ancienne conquĂȘte, conquĂȘte acceptĂ©e d’abord, puis oubliĂ©e par la masse du peuple. Selon les politiques dont je parle, le groupement de provinces effectuĂ© par une dynastie, par ses guerres, par ses mariages, par ses traitĂ©s, finit avec la dynastie qui l’a formĂ©. Il est trĂšs vrai que la plupart des nations modernes ont Ă©tĂ© faites par une famille d’origine fĂ©odale, qui a contractĂ© mariage avec le sol et qui a Ă©tĂ© en quelque sorte un noyau de centralisation. Les limites de la France en 1789 n’avaient rien de naturel ni de nĂ©cessaire. La large zone que la maison capĂ©tienne avait ajoutĂ©e Ă  l’étroite lisiĂšre du traitĂ© de Verdun fut bien l’acquisition personnelle de cette maison. À l’époque oĂč furent faites les annexions, on n’avait l’idĂ©e ni des limites naturelles, ni du droit des nations, ni de la volontĂ© des provinces. La rĂ©union de l’Angleterre, de l’Irlande et de l’Écosse fut de mĂȘme un fait dynastique. L’Italie n’a tardĂ© si longtemps Ă  ĂȘtre une nation que parce que, parmi ses nombreuses maisons rĂ©gnantes, aucune, avant notre siĂšcle, ne se fit le centre de l’unitĂ©. Chose Ă©trange, c’est Ă  l’obscure Ăźle de Sardaigne, terre Ă  peine italienne, qu’elle a pris un titre royal [1]. La Hollande, qui s’est crĂ©Ă©e elle-mĂȘme, par un acte d’hĂ©roĂŻque rĂ©solution, a nĂ©anmoins contractĂ© un mariage intime avec la maison d’Orange, et elle courrait de vrais dangers le jour oĂč cette union serait compromise.

    Une telle loi, cependant, est-elle absolue ? Non, sans doute. La Suisse et les États-Unis, qui se sont formĂ©s comme des conglomĂ©rats d’additions successives, n’ont aucune base dynastique. Je ne discuterai pas la question en ce qui concerne la France. Il faudrait avoir le secret de l’avenir. Disons seulement que cette grande royautĂ© française avait Ă©tĂ© si hautement nationale, que, le lendemain de sa chute, la nation a pu tenir sans elle. Et puis le XVIIIe siĂšcle avait changĂ© toute chose. L’homme Ă©tait revenu, aprĂšs des siĂšcles d’abaissement, Ă  l’esprit antique, au respect de lui-mĂȘme, Ă  l’idĂ©e de ses droits. Les mots de patrie et de citoyen avaient repris leur sens. Ainsi a pu s’accomplir l’opĂ©ration la plus hardie qui ait Ă©tĂ© pratiquĂ©e dans l’histoire, opĂ©ration que l’on peut comparer Ă  ce que serait, en physiologie, la tentative de faire vivre en son identitĂ© premiĂšre un corps Ă  qui l’on aurait enlevĂ© le cerveau et le cƓur.

    Il faut donc admettre qu’une nation peut exister sans principe dynastique, et mĂȘme que des nations qui ont Ă©tĂ© formĂ©es par des dynasties peuvent se sĂ©parer de cette dynastie sans pour cela cesser d’exister. Le vieux principe qui ne tient compte que du droit des princes ne saurait plus ĂȘtre maintenu ; outre le droit dynastique, il y a le droit national. Ce droit national, sur quel critĂ©rium le fonder ? Ă  quel signe le connaĂźtre ? de quel fait tangible le faire dĂ©river ?

    I. ― De la race, disent plusieurs avec assurance. Les divisions artificielles, rĂ©sultant de la fĂ©odalitĂ©, des mariages princiers, des congrĂšs de diplomates, sont caduques. Ce qui reste ferme et fixe, c’est la race des populations. VoilĂ  ce qui constitue un droit, une lĂ©gitimitĂ©. La famille germanique, par exemple, selon la thĂ©orie que j’expose, a le droit de reprendre les membres Ă©pars du germanisme, mĂȘme quand ces membres ne demandent pas Ă  se rejoindre. Le droit du germanisme sur telle province est plus fort que le droit des habitants de cette province sur eux-mĂȘmes. On crĂ©e ainsi une sorte de droit primordial analogue Ă  celui des rois de droit divin ; au principe des nations on substitue celui de l’ethnographie. C’est lĂ  une trĂšs grande erreur, qui, si elle devenait dominante, perdrait la civilisation europĂ©enne. Autant le principe des nations est juste et lĂ©gitime, autant celui du droit primordial des races est Ă©troit et plein de danger pour le vĂ©ritable progrĂšs.

    Dans la tribu et la citĂ© antiques, le fait de la race avait, nous le reconnaissons, une importance de premier ordre. La tribu et la citĂ© antiques n’étaient qu’une extension de la famille. À Sparte, Ă  AthĂšnes, tous les citoyens Ă©taient parents Ă  des degrĂ©s plus ou moins rapprochĂ©s. Il en Ă©tait de mĂȘme chez les Beni-IsraĂ«l ; il en est encore ainsi dans les tribus arabes. D’AthĂšnes, de Sparte, de la tribu israĂ©lite, transportons-nous dans l’empire romain. La situation est tout autre. FormĂ©e d’abord par la violence, puis maintenue par l’intĂ©rĂȘt, cette grande agglomĂ©ration de villes, de provinces absolument diffĂ©rentes, porte Ă  l’idĂ©e de race le coup le plus grave. Le christianisme, avec son caractĂšre universel et absolu, travaille plus efficacement encore dans le mĂȘme sens. Il contracte avec l’Empire romain une alliance intime, et, par l’effet de ces deux incomparables agents d’unification, la raison ethnographique est Ă©cartĂ©e du gouvernement des choses humaines pour des siĂšcles.

    L’invasion des barbares fut, malgrĂ© les apparences, un pas de plus dans cette voie. Les dĂ©coupures de royaumes barbares n’ont rien d’ethnographique ; elles sont rĂ©glĂ©es par la force ou le caprice des envahisseurs. La race des populations qu’ils subordonnaient Ă©tait pour eux la chose la plus indiffĂ©rente. Charlemagne refit Ă  sa maniĂšre ce que Rome avait dĂ©jĂ  fait : un empire unique composĂ© des races les plus diverses ; les auteurs du traitĂ© de Verdun, en traçant imperturbablement leurs deux grandes lignes du nord au sud, n’eurent pas le moindre souci de la race des gens qui se trouvaient Ă  droite ou Ă  gauche. Les mouvements de frontiĂšre qui s’opĂ©rĂšrent dans la suite du Moyen Âge furent aussi en dehors de toute tendance ethnographique. Si la politique suivie de la maison capĂ©tienne est arrivĂ©e Ă  grouper Ă  peu prĂšs, sous le nom de France, les territoires de l’ancienne Gaule, ce n’est pas lĂ  un effet de la tendance qu’auraient eue ces pays Ă  se rejoindre Ă  leurs congĂ©nĂšres. Le DauphinĂ©, la Bresse, la Provence, la Franche-ComtĂ© ne se souvenaient plus d’une origine commune. Toute conscience gauloise avait pĂ©ri dĂšs le IIe siĂšcle de notre Ăšre, et ce n’est que par une vue d’érudition que, de nos jours, on a retrouvĂ© rĂ©trospectivement l’individualitĂ© du caractĂšre gaulois.

    La considĂ©ration ethnographique n’a donc Ă©tĂ© pour rien dans la constitution des nations modernes. La France est celtique, ibĂ©rique, germanique. L’Allemagne est germanique, celtique et slave. L’Italie est le pays oĂč l’ethnographie est la plus embarrassĂ©e. Gaulois, Étrusques, PĂ©lasges, Grecs, sans parler de bien d’autres Ă©lĂ©ments, s’y croisent dans un indĂ©chiffrable mĂ©lange. Les Ăźles Britanniques, dans leur ensemble, offrent un mĂ©lange de sang celtique et germain dont les proportions sont singuliĂšrement difficiles Ă  dĂ©finir.

    La vĂ©ritĂ© est qu’il n’y a pas de race pure et que faire reposer la politique sur l’analyse ethnographique, c’est la faire porter sur une chimĂšre. Les plus nobles pays, l’Angleterre, la France, l’Italie, sont ceux oĂč le sang est le plus mĂȘlĂ©. L’Allemagne fait-elle Ă  cet Ă©gard une exception ? Est-elle un pays germanique pur ? Quelle illusion ! Tout le Sud a Ă©tĂ© gaulois. Tout l’Est, Ă  partir d’Elbe, est slave. Et les parties que l’on prĂ©tend rĂ©ellement pures le sont-elles en effet ? Nous touchons ici Ă  un des problĂšmes sur lesquels il importe le plus de se faire des idĂ©es claires et de prĂ©venir les malentendus.

    Les discussions sur les races sont interminables, parce que le mot race est pris par les historiens philologues et par les anthropologistes physiologistes dans deux sens tout Ă  fait diffĂ©rents. Pour les anthropologistes, la race a le mĂȘme sens qu’en zoologie ; elle indique une descendance rĂ©elle, une parentĂ© par le sang. Or l’étude des langues et de l’histoire ne conduit pas aux mĂȘmes divisions que la physiologie. Les mots des brachycĂ©phales, de dolichocĂ©phales n’ont pas de place en histoire ni en philologie. Dans le groupe humain qui crĂ©a les langues et la discipline aryennes, il y avait dĂ©jĂ  des brachycĂ©phales et des dolichocĂ©phales. Il en faut dire autant du groupe primitif qui crĂ©a les langues et l’institution dites sĂ©mitiques. En d’autres termes, les origines zoologiques de l’humanitĂ© sont Ă©normĂ©ment antĂ©rieures aux origines de la culture, de la civilisation, du langage. Les groupes aryen primitif, sĂ©mitique primitif, touranien primitif n’avaient aucune unitĂ© physiologique. Ces groupements sont des faits historiques qui ont eu lieu Ă  une certaine Ă©poque, mettons il y a quinze ou vingt mille ans, tandis que l’origine zoologique de l’humanitĂ© se perd dans des tĂ©nĂšbres incalculables. Ce qu’on appelle philologiquement et historiquement la race germanique est sĂ»rement une famille bien distincte dans l’espĂšce humaine. Mais est-ce lĂ  une famille au sens anthropologique ? Non, assurĂ©ment. L’apparition de l’individualitĂ© germanique dans l’histoire ne se fait que trĂšs peu de siĂšcles avant JĂ©sus-Christ. Apparemment les Germains ne sont pas sortis de terre Ă  cette Ă©poque. Avant cela, fondus avec les Slaves dans la grande masse indistincte des Scythes, ils n’avaient pas leur individualitĂ© Ă  part. Un Anglais est bien un type dans l’ensemble de l’humanitĂ©. Or le type de ce qu’on appelle trĂšs improprement la race anglo-saxonne [2], n’est ni le Breton du temps de CĂ©sar, ni l’Anglo-Saxon de Hengist, ni le Danois de Knut, ni le Normand de Guillaume le ConquĂ©rant ; c’est la rĂ©sultante de tout cela. Le Français n’est ni un Gaulois, ni un Franc, ni un Burgonde. Il est ce qui est sorti de la grande chaudiĂšre oĂč, sous la prĂ©sidence du roi de France, ont fermentĂ© ensemble les Ă©lĂ©ments les plus divers. Un habitant de Jersey ou de Guernesey ne diffĂšre en rien, pour les origines, de la population normande de la cĂŽte voisine. Au XIe siĂšcle, l’Ɠil le plus pĂ©nĂ©trant n’eĂ»t pas saisi des deux cĂŽtĂ©s du canal la plus lĂ©gĂšre diffĂ©rence. D’insignifiantes circonstances font que Philippe-Auguste ne prend pas ces Ăźles avec le reste de la Normandie. SĂ©parĂ©es les unes des autres depuis prĂšs de sept cents ans, les deux populations sont devenues non seulement Ă©trangĂšres les unes aux autres, mais tout Ă  fait dissemblables. La race, comme nous l’entendons, nous autres, historiens, est donc quelque chose qui se fait et se dĂ©fait. L’étude de la race est capitale pour le savant qui s’occupe de l’histoire de l’humanitĂ©. Elle n’a pas d’application en politique. La conscience instinctive qui a prĂ©sidĂ© Ă  la confection de la carte d’Europe n’a tenu aucun compte de la race, et les premiĂšres nations de l’Europe sont des nations de sang essentiellement mĂ©langĂ©.

    Le fait de la race, capital Ă  l’origine, va donc toujours perdant de son importance. L’histoire humaine diffĂšre essentiellement de la zoologie. La race n’y est pas tout, comme chez les rongeurs ou les fĂ©lins, et on n’a pas le droit d’aller par le monde tĂąter le crĂąne des gens, puis les prendre Ă  la gorge en leur disant : « Tu es notre sang ; tu nous appartiens ! » En dehors des caractĂšres anthropologiques, il y a la raison, la justice, le vrai, le beau, qui sont les mĂȘmes pour tous. Tenez, cette politique ethnographique n’est pas sĂ»re. Vous l’exploitez aujourd’hui contre les autres ; puis vous la voyez se tourner contre vous-mĂȘmes. Est-il certain que les Allemands, qui ont Ă©levĂ© si haut le drapeau de l’ethnographie, ne verront pas les Slaves venir analyser, Ă  leur tour, les noms des villages de la Saxe et de la Lusace, rechercher les traces des Wiltzes ou des Obotrites, et demander compte des massacres et des ventes en masse que les Othons firent de leurs aĂŻeux ? Pour tous il est bon de savoir oublier.

    J’aime beaucoup l’ethnographie ; c’est une science d’un rare intĂ©rĂȘt ; mais, comme je la veux libre, je la veux sans application politique. En ethnographie, comme dans toutes les Ă©tudes, les systĂšmes changent ; c’est la condition du progrĂšs. Les limites des États suivraient les fluctuations de la science. Le patriotisme dĂ©pendrait d’une dissertation plus ou moins paradoxale. On viendrait dire au patriote : « Vous vous trompiez ; vous versiez votre sang pour telle cause ; vous croyiez ĂȘtre celte ; non, vous ĂȘtes germain ». Puis, dix ans aprĂšs, on viendra vous dire que vous ĂȘtes slave. Pour ne pas fausser la science, dispensons-la de donner un avis dans ces problĂšmes, oĂč sont engagĂ©s tant d’intĂ©rĂȘts. Soyez sĂ»rs que, si on la charge de fournir des Ă©lĂ©ments Ă  la diplomatie, on la surprendra bien des fois en flagrant dĂ©lit de complaisance. Elle a mieux Ă  faire : demandons-lui tout simplement la vĂ©ritĂ©.

    II. ― Ce que nous venons de dire de la race, il faut le dire de la langue. La langue invite Ă  se rĂ©unir ; elle n’y force pas. Les États-Unis et l’Angleterre, l’AmĂ©rique espagnole et l’Espagne parlent la mĂȘme langue et ne forment pas une seule nation. Au contraire, la Suisse, si bien faite, puisqu’elle a Ă©tĂ© faite par l’assentiment de ses diffĂ©rentes parties, compte trois ou quatre langues. Il y a dans l’homme quelque chose de supĂ©rieur Ă  la langue : c’est la volontĂ©. La volontĂ© de la Suisse d’ĂȘtre unie, malgrĂ© la variĂ©tĂ© de ses idiomes, est un fait bien plus important qu’une similitude souvent obtenue par des vexations.

    Un fait honorable pour la France, c’est qu’elle n’a jamais cherchĂ© Ă  obtenir l’unitĂ© de la langue par des mesures de coercition. Ne peut-on pas avoir les mĂȘmes sentiments et les mĂȘmes pensĂ©es, aimer les mĂȘmes choses en des langages diffĂ©rents ? Nous parlions tout Ă  l’heure de l’inconvĂ©nient qu’il y aurait Ă  faire dĂ©pendre la politique internationale de l’ethnographie. Il n’y en aurait pas moins Ă  la faire dĂ©pendre de la philologie comparĂ©e. Laissons Ă  ces intĂ©ressantes Ă©tudes l’entiĂšre libertĂ© de leurs discussions ; ne les mĂȘlons pas Ă  ce qui en altĂ©rerait la sĂ©rĂ©nitĂ©. L’importance politique qu’on attache aux langues vient de ce qu’on les regarde comme des signes de race. Rien de plus faux. La Prusse, oĂč l’on ne parle plus qu’allemand, parlait slave il y a quelques siĂšcles ; le pays de Galles parle anglais ; la Gaule et l’Espagne parlent l’idiome primitif d’Albe la Longue ; l’Égypte parle arabe ; les exemples sont innombrables. MĂȘme aux origines, la similitude de langue n’entraĂźnait pas la similitude de race. Prenons la tribu proto-aryenne ou proto-sĂ©mite ; il s’y trouvait des esclaves, qui parlaient la mĂȘme langue que leurs maĂźtres ; or l’esclave Ă©tait alors bien souvent d’une race diffĂ©rente de celle de son maĂźtre. RĂ©pĂ©tons-le : ces divisions de langues indo-europĂ©ennes, sĂ©mitiques et autres, crĂ©Ă©es avec une si admirable sagacitĂ© par la philologie comparĂ©e, ne coĂŻncident pas avec les divisions de l’anthropologie. Les langues sont des formations historiques, qui indiquent peu de choses sur le sang de ceux qui les parlent, et qui, en tout cas, ne sauraient enchaĂźner la libertĂ© humaine quand il s’agit de dĂ©terminer la famille avec laquelle on s’unit pour la vie et pour la mort.

    Cette considĂ©ration exclusive de la langue a, comme l’attention trop forte donnĂ©e Ă  la race, ses dangers, ses inconvĂ©nients. Quand on y met de l’exagĂ©ration, on se renferme dans une culture dĂ©terminĂ©e, tenue pour nationale ; on se limite, on se claquemure. On quitte le grand air qu’on respire dans le vaste champ de l’humanitĂ© pour s’enfermer dans des conventicules de compatriotes. Rien de plus mauvais pour l’esprit ; rien de plus fĂącheux pour la civilisation. N’abandonnons pas ce principe fondamental, que l’homme est un ĂȘtre raisonnable et moral, avant d’ĂȘtre parquĂ© dans telle ou telle langue, avant d’ĂȘtre un membre de telle ou telle race, un adhĂ©rent de telle ou telle culture. Avant la culture française, la culture allemande, la culture italienne, il y a la culture humaine. Voyez les grands hommes de la Renaissance ; ils n’étaient ni français, ni italiens, ni allemands. Ils avaient retrouvĂ©, par leur commerce avec l’antiquitĂ©, le secret de l’éducation vĂ©ritable de l’esprit humain, et ils s’y dĂ©vouaient corps et Ăąme. Comme ils firent bien !

    III. ― La religion ne saurait non plus offrir une base suffisante Ă  l’établissement d’une nationalitĂ© moderne. À l’origine, la religion tenait Ă  l’existence mĂȘme du groupe social. Le groupe social Ă©tait une extension de la famille. La religion, les rites Ă©taient des rites de famille. La religion d’AthĂšnes, c’était le culte d’AthĂšnes mĂȘme, de ses fondateurs mythiques, de ses lois, de ses usages. Elle n’impliquait aucune thĂ©ologie dogmatique. Cette religion Ă©tait, dans toute la force du terme, une religion d’État. On n’était pas athĂ©nien si on refusait de la pratiquer. C’était au fond le culte de l’Acropole personnifiĂ©e. Jurer sur l’autel d’Aglaure [3], c’était prĂȘter le serment de mourir pour la patrie. Cette religion Ă©tait l’équivalent de ce qu’est chez nous l’acte de tirer au sort, ou le culte du drapeau. Refuser de participer Ă  un tel culte Ă©tait comme serait dans nos sociĂ©tĂ©s modernes refuser le service militaire. C’était dĂ©clarer qu’on n’était pas athĂ©nien. D’un autre cĂŽtĂ©, il est clair qu’un tel culte n’avait pas de sens pour celui qui n’était pas d’AthĂšnes ; aussi n’exerçait-on aucun prosĂ©lytisme pour forcer des Ă©trangers Ă  l’accepter ; les esclaves d’AthĂšnes ne le pratiquaient pas. Il en fut de mĂȘme dans quelques petites rĂ©publiques du moyen Ăąge. On n’était pas bon VĂ©nitien si l’on ne jurait point par saint Marc ; on n’était pas bon Amalfitain si l’on ne mettait pas saint AndrĂ© au-dessus de tous les autres saints du paradis. Dans ces petites sociĂ©tĂ©s, ce qui a Ă©tĂ© plus tard persĂ©cution, tyrannie, Ă©tait lĂ©gitime et tirait aussi peu Ă  consĂ©quence que le fait chez nous de souhaiter la fĂȘte au pĂšre de famille et de lui adresser des vƓux au premier jour de l’an.

    Ce qui Ă©tait vrai Ă  Sparte, Ă  AthĂšnes, ne l’était dĂ©jĂ  plus dans les royaumes sortis de la conquĂȘte d’Alexandre, ne l’était surtout plus dans l’empire romain. Les persĂ©cutions d’Antiochus Épiphane pour amener l’Orient au culte de Jupiter Olympien, celles de l’empire romain pour maintenir une prĂ©tendue religion d’État furent une faute, un crime, une vĂ©ritable absurditĂ©. De nos jours, la situation est parfaitement claire. Il n’y a plus de masses croyant d’une maniĂšre uniforme. Chacun croit et pratique Ă  sa guise, ce qu’il peut, comme il veut. Il n’y a plus de religion d’État ; on peut ĂȘtre Français, Anglais, Allemand, en Ă©tant catholique, protestant, israĂ©lite, en ne pratiquant aucun culte. La religion est devenue chose individuelle ; elle regarde la conscience de chacun. La division des nations en catholiques, protestantes, n’existe plus. La religion, qui, il y a cinquante-deux ans, Ă©tait un Ă©lĂ©ment si considĂ©rable dans la formation de la Belgique, garde toute son importance dans le for intĂ©rieur de chacun ; mais elle est sortie presque entiĂšrement des raisons qui tracent les limites des peuples.

    IV. ― La communautĂ© des intĂ©rĂȘts est assurĂ©ment un lien puissant entre les hommes. Les intĂ©rĂȘts, cependant, suffisent-ils Ă  faire une nation ? Je ne le crois pas. La communautĂ© des intĂ©rĂȘts fait les traitĂ©s de commerce. Il y a dans la nationalitĂ© un cĂŽtĂ© de sentiment ; elle est Ăąme et corps Ă  la fois ; un Zollverein n’est pas une patrie.

    V. ― La gĂ©ographie, ce qu’on appelle les frontiĂšres naturelles, a certainement une part considĂ©rable dans la division des nations. La gĂ©ographie est un des facteurs essentiels de l’histoire. Les riviĂšres ont conduit les races ; les montagnes les ont arrĂȘtĂ©es. Les premiĂšres ont favorisĂ©, les secondes ont limitĂ© les mouvements historiques. Peut-on dire cependant, comme le croient certains partis, que les limites d’une nation sont Ă©crites sur la carte et que cette nation a le droit de s’adjuger ce qui est nĂ©cessaire pour arrondir certains contours, pour atteindre telle montagne, telle riviĂšre, Ă  laquelle on prĂȘte une sorte de facultĂ© limitante a priori. Je ne connais pas de doctrine plus arbitraire ni plus funeste. Avec cela, on justifie toutes les violences. Et, d’abord, sont-ce les montagnes ou bien sont-ce les riviĂšres qui forment ces prĂ©tendues frontiĂšres naturelles ? Il est incontestable que les montagnes sĂ©parent ; mais les fleuves rĂ©unissent plutĂŽt. Et puis toutes les montagnes ne sauraient dĂ©couper des États. Quelles sont celles qui sĂ©parent et celles qui ne sĂ©parent pas ? De Biarritz Ă  Tornea, il n’y a pas une embouchure de fleuve qui ait plus qu’une autre un caractĂšre bornal. Si l’histoire l’avait voulu, la Loire, la Seine, la Meuse, l’Elbe, l’Oder auraient, autant que le Rhin, ce caractĂšre de frontiĂšre naturelle qui a fait commettre tant d’infractions au droit fondamental, qui est la volontĂ© des hommes. On parle de raisons stratĂ©giques. Rien n’est absolu ; il est clair que bien des concessions doivent ĂȘtre faites Ă  la nĂ©cessitĂ©. Mais il ne faut pas que ces concessions aillent trop loin. Autrement, tout le monde rĂ©clamera ses convenances militaires, et ce sera la guerre sans fin. Non, ce n’est pas la terre plus que la race qui fait une nation. La terre fournit le substratum, le champ de la lutte et du travail ; l’homme fournit l’ñme. L’homme est tout dans la formation de cette chose sacrĂ©e qu’on appelle un peuple. Rien de matĂ©riel n’y suffit. Une nation est un principe spirituel, rĂ©sultant des complications profondes de l’histoire, une famille spirituelle, non un groupe dĂ©terminĂ© par la configuration du sol.

    Nous venons de voir ce qui ne suffit pas Ă  crĂ©er un tel principe spirituel : la race, la langue, les intĂ©rĂȘts, l’affinitĂ© religieuse, la gĂ©ographie, les nĂ©cessitĂ©s militaires. Que faut-il donc en plus ? Par suite de ce qui a Ă©tĂ© dit antĂ©rieurement, je n’aurai pas dĂ©sormais Ă  retenir bien longtemps votre attention.

    III

    Une nation est une Ăąme, un principe spirituel. Deux choses qui, Ă  vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette Ăąme, ce principe spirituel. L’une est dans le passĂ©, l’autre dans le prĂ©sent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le dĂ©sir de vivre ensemble, la volontĂ© de continuer Ă  faire valoir l’hĂ©ritage qu’on a reçu indivis. L’homme, Messieurs, ne s’improvise pas. La nation, comme l’individu, est l’aboutissant d’un long passĂ© d’efforts, de sacrifices et de dĂ©vouements. Le culte des ancĂȘtres est de tous le plus lĂ©gitime ; les ancĂȘtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passĂ© hĂ©roĂŻque, des grands hommes, de la gloire (j’entends de la vĂ©ritable), voilĂ  le capital social sur lequel on assied une idĂ©e nationale. Avoir des gloires communes dans la passĂ©, une volontĂ© commune dans le prĂ©sent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilĂ  les conditions essentielles pour ĂȘtre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu’on a consentis, des maux qu’on a soufferts. On aime la maison qu’on a bĂątie et qu’on transmet. Le chant spartiate : « Nous sommes ce que vous fĂ»tes ; nous serons ce que vous ĂȘtes » est dans sa simplicitĂ© l’hymne abrĂ©gĂ© de toute patrie.

    Dans le passĂ©, un hĂ©ritage de gloire et de regrets Ă  partager, dans l’avenir un mĂȘme programme Ă  rĂ©aliser ; avoir souffert, joui, espĂ©rĂ© ensemble, voilĂ  ce qui vaut mieux que des douanes communes et des frontiĂšres conformes aux idĂ©es stratĂ©giques ; voilĂ  ce que l’on comprend malgrĂ© les diversitĂ©s de race et de langue. Je disais tout Ă  l’heure : « avoir souffert ensemble » ; oui, la souffrance en commun unit plus que la joie. En fait de souvenirs nationaux, les deuils valent mieux que les triomphes, car ils imposent des devoirs, ils commandent l’effort en commun.

    Une nation est donc une grande solidaritĂ©, constituĂ©e par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposĂ© Ă  faire encore. Elle suppose un passĂ© ; elle se rĂ©sume pourtant dans le prĂ©sent par un fait tangible : le consentement, le dĂ©sir clairement exprimĂ© de continuer la vie commune. L’existence d’une nation est (pardonnez-moi cette mĂ©taphore) un plĂ©biscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmation perpĂ©tuelle de vie. Oh ! je le sais, cela est moins mĂ©taphysique que le droit divin, moins brutal que le droit prĂ©tendu historique. Dans l’ordre d’idĂ©es que je vous soumets, une nation n’a pas plus qu’un roi le droit de dire Ă  une province : « Tu m’appartiens, je te prends ». Une province, pour nous, ce sont ses habitants ; si quelqu’un en cette affaire a droit d’ĂȘtre consultĂ©, c’est l’habitant. Une nation n’a jamais un vĂ©ritable intĂ©rĂȘt Ă  s’annexer ou Ă  retenir un pays malgrĂ© lui. Le vƓu des nations est, en dĂ©finitive, le seul critĂ©rium lĂ©gitime, celui auquel il faut toujours en revenir.

    Nous avons chassĂ© de la politique les abstractions mĂ©taphysiques et thĂ©ologiques. Que reste-t-il, aprĂšs cela ? Il reste l’homme, ses dĂ©sirs, ses besoins. La sĂ©cession, me direz-vous, et, Ă  la longue, l’émiettement des nations sont la consĂ©quence d’un systĂšme qui met ces vieux organismes Ă  la merci de volontĂ©s souvent peu Ă©clairĂ©es. Il est clair qu’en pareille matiĂšre aucun principe ne doit ĂȘtre poussĂ© Ă  l’excĂšs. Les vĂ©ritĂ©s de cet ordre ne sont applicables que dans leur ensemble et d’une façon trĂšs gĂ©nĂ©rale. Les volontĂ©s humaines changent ; mais qu’est-ce qui ne change pas ici-bas ? Les nations ne sont pas quelque chose d’éternel. Elles ont commencĂ©, elles finiront. La confĂ©dĂ©ration europĂ©enne, probablement, les remplacera. Mais telle n’est pas la loi du siĂšcle oĂč nous vivons. À l’heure prĂ©sente, l’existence des nations est bonne, nĂ©cessaire mĂȘme. Leur existence est la garantie de la libertĂ©, qui serait perdue si le monde n’avait qu’une loi et qu’un maĂźtre.

    Par leurs facultĂ©s diverses, souvent opposĂ©es, les nations servent Ă  l’Ɠuvre commune de la civilisation ; toutes apportent une note Ă  ce grand concert de l’humanitĂ©, qui, en somme, est la plus haute rĂ©alitĂ© idĂ©ale que nous atteignions. IsolĂ©es, elles ont leurs parties faibles. Je me dis souvent qu’un individu qui aurait les dĂ©fauts tenus chez les nations pour des qualitĂ©s, qui se nourrirait de vaine gloire ; qui serait Ă  ce point jaloux, Ă©goĂŻste, querelleur ; qui ne pourrait rien supporter sans dĂ©gainer, serait le plus insupportable des hommes. Mais toutes ces dissonances de dĂ©tail disparaissent dans l’ensemble. Pauvre humanitĂ©, que tu as souffert ! que d’épreuves t’attendent encore ! Puisse l’esprit de sagesse te guider pour te prĂ©server des innombrables dangers dont ta route est semĂ©e !

    Je me rĂ©sume, Messieurs. L’homme n’est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaĂźnes de montagnes. Une grande agrĂ©gation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cƓur, crĂ©e une conscience morale qui s’appelle une nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les sacrifices qu’exige l’abdication de l’individu au profit d’une communautĂ©, elle est lĂ©gitime, elle a le droit d’exister. Si des doutes s’élĂšvent sur ses frontiĂšres, consultez les populations disputĂ©es. Elles ont bien le droit d’avoir un avis dans la question. VoilĂ  qui fera sourire les transcendants de la politique, ces infaillibles qui passent leur vie Ă  se tromper et qui, du haut de leurs principes supĂ©rieurs, prennent en pitiĂ© notre terre Ă  terre. « Consulter les populations, fi donc ! quelle naĂŻvetĂ© ! VoilĂ  bien ces chĂ©tives idĂ©es françaises qui prĂ©tendent remplacer la diplomatie et la guerre par des moyens d’une simplicitĂ© enfantine. » ― Attendons, messieurs ; laissons passer le rĂšgne des transcendants ; sachons subir le dĂ©dain des forts. Peut-ĂȘtre, aprĂšs bien des tĂątonnements infructueux, reviendra-t-on Ă  nos modestes solutions empiriques. Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, Ă  certaines heures, de savoir se rĂ©signer Ă  ĂȘtre dĂ©modĂ©.

    Ernest Renan, Conférence faite en Sorbonne, le 11 mars 1882.

    Notes:

    1 – La maison de Savoie ne doit son titre royal qu’à la possession de la Sardaigne (1720).
    2 – Les Ă©lĂ©ments germaniques ne sont pas beaucoup plus considĂ©rables dans le Royaume-Uni qu’ils ne l’étaient dans la France, Ă  l’époque oĂč elle possĂ©dait l’Alsace et Metz. La langue germanique a dominĂ© dans les Ăźles Britanniques, uniquement parce que le latin n’y avait pas entiĂšrement remplacĂ© les idiomes celtiques, ainsi que cela eut lieu dans les Gaules.
    3 – Aglaure, c’est l’Acropole elle-mĂȘme, qui s’est dĂ©vouĂ©e pour sauver la patrie.


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    Blasons, Cathédrales, Histoire

    Le drapeau européen dans la cathédrale de Strasbourg ?


  • A A A
    • Le peintre strasbourgeois ArsĂšne Heitz s’inspira pour le drapeau europĂ©en (cercle de 12 Ă©toiles d’or Ă  5 branches sur champ d’azur) d’un symbole associĂ© Ă  la Vierge Marie, selon la vision de l’Apocalypse: “un signe grandiose est apparu dans le ciel, une femme revĂȘtue du soleil, la lune sous ses pieds, et sur sa tĂȘte une couronne de 12 Ă©toiles”.
    • Le drapeau fut entĂ©rinĂ© par le Conseil de l’Europe le jour de l’ImmaculĂ©e Conception, ce qui confirme le choix de la Vierge comme signe d’unitĂ© pour les EuropĂ©ens.
    • Le nombre d’étoiles sur le drapeau n’est donc nullement liĂ© au nombre d’États membres, le 12 symbolisant depuis l’AntiquitĂ© grecque, la perfection et la plĂ©nitude, l’état de ce qui est parfait et complet.

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    Histoire, Politique, SĂ©lection

    La rĂ©affirmation de la libertĂ© d’expression ?


  • A A A
    • Nul ne doit ĂȘtre inquiĂ©tĂ© pour ses opinions, mĂȘme religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public Ă©tabli par la Loi.
    • La libre communication des pensĂ©es et des opinions est un des droits les plus prĂ©cieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, Ă©crire, imprimer librement, sauf Ă  rĂ©pondre de l’abus de cette libertĂ©, dans les cas dĂ©terminĂ©s par la Loi.

    (DĂ©claration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, articles X et XI)


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    Histoire, SĂ©lection

    Les maßtresses de Louis XIV, par ordre alphabétique ?

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  • A A A
  • Anne de Rohan-Chabot, princesse de Soubise
    Bonne de Pons, marquise d’Heudicourt
    Catherine Bellier, baronne de Beauvais
    Catherine-Charlotte de Gramont, princesse de Monaco
    Claude de Vin des ƒillets
    Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan
    Françoise d’AubignĂ©, veuve Scarron, marquise de Maintenon
    Henriette d’Angleterre
    Louise Françoise de la Baume le Blanc, duchesse de La ValliÚre et de Vaujours
    Marie-Elisabeth, dite Isabelle, de Ludres.
    Marie Angélique de Scorailles de Roussille, duchesse de Fontanges
    Marie Mancini, princesse Colonna
    Olympe Mancini, comtesse de Soissons


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    Histoire, Politique

    L’Europe de Jean Monnet: une union de peuples dans la libertĂ© et la diversitĂ© ?


  • A A A
  • La grande rĂ©volution europĂ©enne de notre Ă©poque, la rĂ©volution qui vise Ă  remplacer les rivalitĂ©s nationales par une union de peuples dans la libertĂ© et la diversitĂ©, la rĂ©volution qui veut permettre un nouvel Ă©panouissement de notre civilisation, et une nouvelle renaissance, cette rĂ©volution a commencĂ© avec la CommunautĂ© europĂ©enne du charbon et de l’acier.

    (Jean Monnet, considĂ©rĂ© comme l’un des PĂšres de l’Europe)


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    Histoire

    La CrimĂ©e ? J’y suis, j’y reste !


  • A A A
  • J’y suis, j’y reste ! Le bon mot du gĂ©nĂ©ral Patrice de Mac Mahon lors de la prise de la tour Malakoff, le 8 septembre 1855, qui allait assurer la chute de SĂ©bastopol, dans le cadre de la guerre de CrimĂ©e (1853-1856). Il commandait la 1re division d’infanterie du 2e corps de l’armĂ©e d’Orient.

    La commune de Malakoff, dans les Hauts-de-Seine, fut nommĂ©e en l’honneur de cette victoire. A Paris, le boulevard du Centre, commencĂ© en 1854,  fut renommĂ© quelques jours aprĂšs la victoire boulevard de SĂ©bastopol: c’est l’une des voies les plus importantes percĂ©es par Haussmann lors des travaux de transformation de Paris.


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    Histoire

    Rencontre de Jeanne d’Arc et du roi Charles VII ?


  • A A A
  • Jeanne d’Arc rencontre le roi Charles VII Ă  deux reprises, dans son chĂąteau de Chinon:
    - La premiĂšre se dĂ©roule le 25 fĂ©vrier 1429, dans la chambre du roi oĂč celui-ci la reçoit en petit comitĂ©. Elle est logĂ©e dans le donjon du Coudray. Sa virginitĂ© est vĂ©rifiĂ©e par une assemblĂ©e de femmes.
    - La seconde a lieu entre le 27 mars et le 5 avril 1429, cette audience dite “du signe”, prend un aspect officiel et public. Jeanne apporte au roi une couronne en or, signe matĂ©riel de sa promesse de mener le roi au sacre, puis elle se retire dans la chapelle voisine.


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    Histoire, SĂ©lection

    Marie Duplessis, la Dame aux camélias ?


  • A A A
  • Pauvre fille ! on m’a dit qu’à votre heure derniĂšre,
    Un seul homme Ă©tait lĂ  pour vous fermer les yeux,
    Et que, sur le chemin qui mĂšne au cimetiĂšre,
    Vos amis d’autrefois Ă©taient rĂ©duits Ă  deux !

    (Alexandre Dumas fils, Ă  propos de Marie Duplessis, courtisane cĂ©lĂšbre qui fut son amante et dont il s’inspira pour son roman La Dame aux camĂ©lias)


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